Présents : P A – E N – J B – P M – M G – M B – M G – M B – J F – A N – M B – C P– J-L B – F M
I – Décisions et questions diverses
1) Fonctionnement comptable et administratif à l’année scolaire. Cotisation 10€. Les années sont désormais désignées 2008-2009, 2009/2010 etc. La situation étant réglée entre Laurent Puech et Michel Galtier, les cotisations peuvent désormais être versées à ce dernier (par chèque) et seront régulièrement encaissées. La démarche pour régulariser la nouvelle instance de direction va être déposée auprès du service des Associations en Préfecture par Jean-Luc Bernet
2) Décision :
mettre sur le site les notes de lecture, avec des liens sur les notes qui existent déjà à l’AFIS ou à l’OZ, et lien sur l’éditeur. Les adresser à Cyril Poudevigne
3) Participation à la Fête de la science : 21-22-23 novembre
Notre exposition peut être installée dans la cour du Tilleul au Rectorat rue de l’Université. Planning des présences :
Vendredi 21 : après-midi Elie et Martine
Samedi matin : Michel Galtier
Samedi après-midi : Jacques Faucher et Alain Neveu
Dimanche : Françoise Mariotti et/ou Elie ; Michel Galtier l’après-midi pour récupérer les panneaux qui sont régulièrement stockés chez lui.
4) Envoyer le programme de l’année avec chaque convocation à titre de rappel.
5) Prochaine séance
le 15 novembre : Élie prend en charge le contact avec l’intervenant.
Soit Tacussel sur le post modernisme (probable, à confirmer dans la convocation), soit Jean-Bruno Renard sur la rumeur.
À propos de Tacussel, il est souhaitable de ne pas réitérer les critiques qui lui ont déjà été faites sur Elisabeth Teissier, la discussion a déjà eu lieu.
Résumé de l’approche post-moderniste par Elie : Les post-modern(ist)es considèrent que toutes les formes d’accès à la connaissance sont équivalentes, qu’elles relèvent d’une démarche scientifique stricto sensu ou des autres manifestations de l’esprit humain (affects, émotions, intuitions) ; à la rigueur, il ne faudrait plus parler de science. Les scientifiques considèrent au contraire que si ces formes d’accès à la connaissance existent, elles ne relèvent pas de la démarche scientifique, mais sont au contraire à un autre niveau.
Elie donne les références suivantes :
Jordi VIDAL (professeur à l’Université de Perpignan), « Servitude et simulacre », Paris, Editions Allia, 2007, ISBN : 978 2 84485 250 2, 6,10 euros.
6) Bibliographie.
- Elie fait circuler l’ouvrage suivant de Michel Eugène Chevreul « De la baguette divinatoire du pendule dit explorateur et des tables tournantes du point de vue de l’histoire de la critique et de la méthode expérimentale » - Edilivres 21€. Livre également disponible en version électronique au prix de 5 Euros sur le site de l’éditeur.
- Michel Benoît fait circuler un article d’une nouvelle revue : Sciences et Inexpliqué, avec une interview d’Henri Broch. Cette revue semble hésiter à trouver sa voie entre exploitation du paranormal et vulgarisation scientifique.
7) Proposition d’Élie :
créer un groupe de travail pour dénoncer le créationnisme musulman à partir des ouvrages de Haroun Yahia en fabriquant un outil de type diaporama ou panneau(x) à partir de ses ouvrages. On laisse mûrir l’idée et on la reprend lors de la prochaine séance.
Le groupe de travail se constituera la prochaine fois (en faire un message spécifique en plus de la convocation).
8) Activités du GEMPPI, et le dernier Colloque de Marseille où Françoise est intervenue.
Beaucoup de sectes invoquent la physique quantique. D’où nécessité d’un travail de clarification de la physique quantique pour élaborer un contre-argumentaire. Il est suggéré que Michel Galtier (déjà parti au moment où cette suggestion vient dans la discussion) explique de quoi il s’agit lorsqu’on parle de physique quantique.
9) Françoise se propose de rénover le tract de présentation des activités du cercle.
II – Thème et intervenant du jour : Michel Galtier sur les probabilités
Exposé articulé autour de deux séquences :
-la coïncidence des anniversaires
-quelques exercices pratiques
1) « Problème » de la coïncidence des anniversaires.
Statistiquement parlant, cette coïncidence a un caractère nécessaire.
Nous partons du groupe de présents : 15 personnes. Est-il probable que deux personnes au moins aient la « même » date d’anniversaire au sens des psychogénéalogistes, c’est-à-dire J + 2 – 2, soit une plage de 5 jours.
Objectif : calcul de la probabilité non pour que mon voisin ait, mais pour qu’il n’ait pas le même anniversaire que moi. Cette probabilité est de 360/365 pour deux personnes. Si on ajoute une 3e personne, cette probabilité est le produit de la multiplication 360/365 X 355/365 etc.
Résultat pour 10 personnes : 0,524, pour 11 : 0,45 ; pour 12 : 0,384 ; pour 13 : 0,32 ; pour 14 : 0,264. Il y a donc 3 chances sur 4 pour que deux personnes au moins ait le « même » anniversaire (sur une plage de 5 jours).
Sur 30 personnes, si l’on prend cette fois le même jour comme référence, la probabilité qu’il se trouve deux personnes ayant le même anniversaire est de = 0,286. Sur 40 : 0,92 ; sur 50 : 0,97.
Les psychogénéalogistes doublent les probabilités en mettant sur le même plan les coïncidences de naissance et de mort. Certains les quadruplent même en ajoutant les dates à 6 mois.
Elie rappelle qu’il faudrait montrer que ce n’est pas le même raisonnement de chercher les coïncidences dans un groupe donné et de chercher la probabilité de coïncidence en donnant une date précise.
On fait l’expérience : quelle est la probabilité pour que quelqu'un dans l’assistance soit né le 14 juillet (+2 – 2)? On commence par calculer la probabilité pour que personne ne soit né le 14 juillet.
On fait le même calcul que précédemment. Le calcul donne :
360 X 360 (ou 36014)
365 X 365 (14 fois ou 36514)
2) Exercices :
2.1) 2 Français sur 3 pensent qu’ils gagnent moins que la moyenne
2 Français sur 3 pensent qu’ils sont dans la moitié de la population qui gagne le moins
Commentaires
Dessin de la courbe des revenus, courbe dissymétrique (plus de gens ayant des « petits » revenus).
La première proposition est exacte, la deuxième ne l’est pas. Cela tient à la confusion fréquente entre moyenne et médiane.
2.2)La sagesse populaire dit : il faut être fou pour jouer 1 2 3 4 5 6 au loto. Cette combinaison n’a aucune chance, sauf si le jeu est truqué. Pour avoir les meilleures chances, il faut jouer les nombres qui ne sont pas sortis depuis longtemps.
Commentaires
Il y a des numéros qui sont sortis plus souvent que d’autres, non pas qui sortent plus souvent que d’autres.
Tous les numéros ont les mêmes chances, mais sur 200 tirages il est de toute façon improbable (invraisemblable) que chaque numéro soit sorti un nombre égal de fois. Ces chances ne s’égalisent que sur un grand nombre de tirages.
Le fait que des numéros soient sortis plus souvent n’exclut pas qu’ils sortent à nouveau et vice versa.
Le tirage au hasard du loto signifie : le passé ne dit rien sur le futur. Soit le contraire de la démarche historique.
Exemple pratique : quelqu'un propose de jouer au 421, il gagne du 1er coup. Quelle est la probabilité pour qu’il soit un tricheur ? Pour le résoudre, il faut savoir quelle est la probabilité pour qu’une personne prise au hasard soit un tricheur (et de plus habile aux dés).
Quelle est la probabilité pour faire un 421 en jetant 3 dés : 1 sur 36 (puisque toutes les combinaisons sont acceptables 421, 124, 412 etc).
Pour répondre à la question, il faut donc savoir quelle est la probabilité qu’il y ait un tricheur (théorème de Bayes)
Elie : rappel qu’il s’agit d’un argument des créationnistes, à savoir : la probabilité que l’univers ait vu le jour est si faible que l’existence de Dieu est la seule issue. En fait la probabilité que l’Univers ait vu le jour est de 1.
2.3 ) Quelle est la probabilité que le panache d’Henri IV ait vraiment été blanc ?
Il n’y a pas de réponse relevant d’un calcul de probabilités. Cet événement a eu lieu, on ne sait sous quelle forme (blanc ou pas), mais il ne s’agit pas d’un événement probabilisable. Les probabilités ne peuvent pas s’appliquer à tous les événements. Est probabilisable ce qui peut s’appliquer à des expériences répétitives ou à des situations similaires.
Discussion :
* Applicationau raisonnement « statistique » sur l’existence d’autres planètes habitées. Ce raisonnement est faux. Il faudrait partir de ce que nous connaissons : 1 planète habitée (et habitable) dans le système solaire. Habitable = présence de la chimie du carbone et d’eau liquide.
Que penser de l’équation de Drake ? Réponse de Michel : elle est fausse, car elle ne rend pas compte du fait que la création est un processus cumulatif. La vie n’est donc pas créée « par hasard » mais à l’issue d’une foule de croisements, de mutations, de combinaisons, certains diraient sans doute de bifurcations. Il faut parler de système vivant et non pas de « la » vie. Ce n’est pas probabilisable. Pour probabiliser l’événement il faudrait comparer des processus aboutissant à des résultats similaires dans un grand nombre de planètes.
* L’exobiologie n’est pas une démarche scientifique, elle n’est pas dans la science puisqu’elle ne peut pas reposer sur des reproductions et des démarches expérimentales. C’est une discipline sans sujet, sauf si on la conçoit comme l’étude des conditions permettant l’apparition de la vie. On peut observer ailleurs par spectrométrie des molécules entrant dans la « fabrication » de la vie, mais qui ne sont pas la vie elle-même. Ce qu’on sait c’est que les conditions d’émergence de la vie sont très diverses.
On ne connaît pas la répartition des planètes dans l’ensemble des systèmes solaires. Si on la connaissait on pourrait commencer à développer un raisonnement statistique.
* Qu’est-ce qu’un témoignage et un témoignage peut-il être une preuve ? Évidemment non : ce qu’on voit est interprété par son cerveau.
2.4) Si on prend un nombre au hasard, quelle est la probabilité pour qu’il soit entier ? Pour qu’ils soit plus petit que 1000 ?
1e question : la probabilité est nulle, du point de vue des mathématiciens.
2e question : de fait on donnera toujours un nombre entier faible, inférieur à 1000
Événement non probabilisable.
Problème soumis par Jacques Bertrand : la durée de vie des docteurs en médecine est plus longue que la moyenne, simplement parce que toute la tranche démographique de 0 à 28 ans est exclue des statistiques.
2.5) Jean propose à Pierre le jeu suivant : nous allons regarder tous les deux ce que nous avons dans nos poches. Celui qui aura le moins gagnera la monnaie de l’autre. Pierre réfléchit et dit : j’ai bien une chance sur deux de gagner. Or je sais ce que j’ai, et je risque de gagner plus que ce que je risque de perdre. J’ai donc intérêt à jouer.
Commentaires ?
On suppose bien sûr que les deux joueurs sont dans des situations comparables.
Le raisonnement paraît cohérent. Quel en est le défaut ?
Il s’agit d’une notion très utilisée en théorie des jeux, l’espérance de gain. Plus j’ai d’argent, moins j’ai de chances de gagner, plus le risque est grand. Et vice versa.
Pour quantifier la situation, on imagine que les deux joueurs ont entre 0 et 100, chaque montant étant affecté de la même probabilité. Que se produit-il si le jeu s’engage ?
Pierre a 50. Il ignore ce que Jean a. S’il perd, il perd 50. S’il gagne, il a au moins 50 + 51 = 101. Il peut gagner en moyenne 75,5. L’espérance de gain est 75/2 – 50/2 = + 12,5
Quand j’ai 50, au milieu de l’intervalle, j’ai donc des chances en moyenne de gagner : 12,5 en moyenne. Ce résultat est en accord avec le raisonnement de Pierre. Mais avec d’autres valeurs, les probabilités de gain évoluent. Avec un montant + élevé (par exemple 80), l’espérance de gain est de – 46.Avec un montant – élevé, exemple 20, l’espérance de gain est de + 44. Ce qui se passe maintenant c’est que les pertes provenant des situations où on a beaucoup d’argent ne sont pas compensées par les gains des situations où on en a peu. C’est ici que le raisonnement de Pierre est en défaut.
Il est possible de faire une analyse quantitative de ce problème indépendante de la loi de répartition des sommes, pourvu que cette loi soit la même pour les deux joueurs. Cette analyse sort du cadre de cet exposé.
Compte-rendu de la séance du15-11-2008
Excusés : C P
Présents : A N, M G, P A, E N, F M, P M, M G, J B, J F, Ml B, M B, M B, J-L B.
Samedi 25/4/09 : le détournement du vocabulaire scientifique
Samedi 16/5/09 : Agnès Lenoire: « la lune astrologique »
Samedi 20/6/09: sans doute Assemblée générale statutaire pour l'année 2008
Autres suggestions :
Philippe Monnin suggère un échange sur le thème des nano technologies. S’ensuit une discussion sur la question : cela nous concerne-t-il ?
Réponse possible : à cause de la technophobie qui se réveille à partir des résistances contre les nano technologies. Michel G : distinguer les techniques de miniaturisation et la présence de microparticules dans les produits et objets les plus courants
Problème : trouver l’intervenant
3) Questions diverses :
Michel : dernières informations sur la Fête de la science
Planning des présences (inutile de le rappeler ici, l’événement ayant eu lieu)
4) Thème du jour : « le post-modernisme »
Suite à un malentendu, le conférencier attendu, Patrick Tacussel, était absent. Contacté, il confirme sa présence pour le 13 décembre sur le même thème.
La séance a donc été consacrée à un échange improvisé à partir de préoccupations ou d’éléments apportés par les personnes présentes.
* Françoise Mariotti : fait état de sa perplexité, basée sur une expérience personnelle récente, quant aux atouts dont peut se prévaloir une approche médicale se voulant « douce » et « holistique », par contraste avec la médecine classique dont elle a fait récemment une expérience éprouvante, tant pour ce qui est de la non-prise en compte de la personne au-delà de la pathologie, qu’en ce qui concerne la désorganisation et l’incohérence des suivis de soin.
Discussion à partir de cette expérience.
* Explications d’Elie Nicolas à partir de la distinction défiance/méfiance, qui débouche sur d’autres développements autour des notions de déisme/théisme, puis de la notion de gnose à partir de l’étymologie du terme.
Saint Epiphane écrit vers 350 contre les hérétiques qui sont en fait les gnostiques, dont trois courants
Gnose = savoir que nous ne sommes pas la création de Dieu mais la création du mal, la matière étant d’origine diabolique, même si la matière inclut aussi un élément divin qui est dans l’homme.
Le christianisme dit que chaque être humain est unique. Les gnostiques disent que ce qui est finitude est le principe malin et non divin. Il faut donc libérer la parcelle divine de sa gangue diabolique (matérielle), pour cela deux méthodes :
-métaphysique (Cathares) =purification
-avilissement du corps pour se rapprocher de la libération du divin
Les gnostiques n’ont pas d’éthique de l’apprentissage, puisque ce qui est matériel est l’œuvre du Malin.
[i] Si j’ai bien compris, préférant l’eau au vin pour l’eucharistie ; aussi appelés Aquariens, ce qui est plus parlant
[iii]Rien trouvé, sinon ceci sur le site « la lutte animale » :
Soyez "gnostique", et pourquoi pas, "barbellognostique". Dieu n'existe pas, c'est un être conceptuel dément. Baisez, câlinez vous, être sensuel est révolutionnaire
[iv] Il y a encore d’autres noms, tout aussi pittoresques. Allez voir sur Wikipedia.
Compte-rendu de la séance du 13-12-2008
Excusés : M B
Présents : P A – M G– JB – J F – P M – D L – AN– J-L B – CP – MG
1) Divers
Discussion sur les prochaines séances. Proposition de Philippe : des conférences vidéo
-sur les OGM
-sur les problématiques de réchauffement climatique et d’épuisement des sources d’énergie
2) Thème du jour : le post modernisme
Intervenant : Patrick Tacussel, universitaire
Concernant ce compte-rendu
Les notes que j’ai prises ont été envoyées à l’intervenant le soir même pour lui demander de bien vouloir les réviser et préciser certains éléments que je n’avais pas pu prendre en note correctement. Il m’en a accusé réception, a bien voulu les trouver correctes « hormis un ou deux détails » et m’a promis de m’en faire retour. À ce jour, je n’ai rien reçu, je vous les livre donc telles quelles.
En vert : ce que j’ai essayé de vérifier sans y parvenir
En jaune : les questions que je lui ai posées.
Accessoirement, pouvez-vous préciser ou rappeler si je n’ai pas pu les noter les références que vous avez faites
1)à l’opposition Rawls/ Walser ( ?? ou Walzer ? Introuvable)
2)à l’émergence du terme modernitas dans la littérature patristique
Merci J-L Bernet
J’ajoute qu’il était extrêmement difficile de rendre compte de la discussion qui a suivi l’intervention. Je ne m’y suis donc pas risqué.
J-L B
Post-modernisme, ou post modernité ?
Thème plus discuté à l’étranger qu’en France. Pourquoi ? peut-être parce que les théories françaises ont trouvé un écho à l’étranger.
Le terme lui-même date de 1884.
Le peintre Chapman ( ?) a trouvé ce terme pour désigner ce qui faisait suite à l’impressionnisme. Terme donc utilisé dans le champ de la représentation de la réalité (représentation picturale au cas présent).
Par la suite le terme a été introduit dans le champ littéraire pour désigner des auteurs soucieux du plaisir du lecteur plus que de se situer à l’avant-garde comme les surréalistes.
Le sens du terme dans cette acception est donc de dire que la fonction de l’art n’est pas nécessairement de chercher toujours du nouveau mais de satisfaire un public.
Toynbee a parlé de post-histoire, partant du point de vue que notre rapport au temps historique était en train de se modifier, du fait notamment de l’évolution dans le champ de la communication, avec pour conséquence que les sujets et les sociétés auraient des difficultés pour se situer par rapport à la mémoire : rapport plus artificiel et moins contrôlable par l’individu, fractures dans le sens de l’histoire telle que perçue par les individus.
Des événements risquent ainsi de se folkloriser (ex polémique à propose de la lettre de Guy Môcquet) alors qu’il pourrait au contraire être nécessaire de les repatrimonialiser.
Dans les années 50, le terme de post modernité revient par l’architecture : opposition à la Charte d’Athènes, un bâtiment ne se définit pas seulement par sa fonction. Les styles peuvent se mélanger (ex Bofill), l’important est que la personne puisse trouver un sens à son habitat (voire du plaisir). L’idée est que le sens que les sujets donnent à ce qui les entoure n’est pas le produit de ce qu’a voulu en dire l’auteur, mais aussi (avant tout) le sens de la réception qui en est faite.
Toute réalité sociale est construite. D’où courant constructiviste en sciences sociales ; préciser qu’il ne s’agit que de réalité sociale, de l’importance accordée à des appropriations ou désappropriations d’espaces sociaux
Deuxième thèse : l’identité des individus n’est pas figée ; nous avons des identités multiples, à l’image de la réalité sociale qui est elle-même multiple. Dans un même espace physique peuvent se rencontrer des gens dont le vécu social n’a rien en commun (le trader de Wall Street et le laveur de vitres // le domestique du roi // le roi lui-même)
Riyad Hassan « le démembrement d’Orphée ». La vision hégélio-marxienne n’est qu’une idéologie dont la valeur s’est trouvée réduite à néant par les deux conflits mondiaux.
??? « mass society and ??? » l’idée de progrès ne fonctionne plus. La modernité fonctionnait sur un mythe selon lequel le progrès de la société scientifique et technique s’accompagnait d’un progrès moral.
Ces auteurs soutiennent que l’histoire a démenti les philosophes des Lumières, l’idée de l’Encyclopédie (édifier l’homme moralement en l’instruisant). Auschwitz démontre qu’une société peut être avancée sur le plan technologique et régresser moralement. Ce découplement entre l’innovation technologique et l’amélioration morale est patent.
Lyotard, membre de Socialisme ou Barbarie, publie dans les années 70 « La condition post moderne ». Ce texte est d’abord un rapport au Gouvernement du Québec sur une réforme de l’enseignement supérieur. Lyotard se demande quels sont les savoirs légitimes et ceux qui ne le sont plus. Or tout ce qui avait fondé la légitimité des savoirs aux XIXe et XXe présupposait cette corrélation immédiate entre la progression des savoirs dans les différents domaines de la connaissance et la qualité de l’expertise morale que chacun est capable d’effectuer.
Günther Anders, mari de Hannah Arendt, écrit : « Hiroshima est partout »: l’humanité s’est donné pour la première fois les moyens de réaliser sa propre destruction.
Qu’est-ce qui caractérise la société post-moderne ?
1)innovation technologique incessante commandée par les ressorts de la marchandisation
2)l’effacement du vécu historique du temps dans l’espace social. On va demander à l’Etat ou à des organismes internationaux de rappeler des événements sous peine de les voir s’étioler. Du coup brouillages dans le continuum passé-présent-avenir
3)interpénétration de la sphère privée/publique. Les Lumières scindent ces deux sphères : droit de chaque individu à avoir sa propre conscience dont il est seul maître. Du coup l’espace public devient un espace de discussion argumentée sous l’éclairage de la raison argumentative. Au contraire de l’espace privé qui relève d’autre chose. Le procès et l’exécution de Louis XVI, roi par la grâce de Dieu, est événement fondateur de cette conception. Au XIXe siècle encore, tous les débats sont des débats raisonnés (cf les débats parlementaires, cf le niveau de la presse du XIXe, même populaire). Deux exemples d’interpénétration :
-ex de type économique : comment contrôler l’image par l’audiovisuel ? Prix de vente de TF1 en 1986 supérieur à ce que pouvait mettre n’importe quel acheteur, y compris Bouygues. Donc on donne à une entreprise des chantiers d’Etat qui vont lui permettre d’acheter la TV
-ex par la téléréalité. On n’est plus assuré de rien dans le cas de l’Île de la tentation : qui est acteur, qui ne l’est pas ? La propagande savait faire ce type de mélange, mais ceux qui adhéraient à ces images estimaient d’emblée qu’elles étaient vraies. Aujourd’hui au contraire nous ne sommes jamais assurés de la véracité.
-3e ex : l’intimité des personnes est fragilisée à cause de la spectacularisation d’images violentes (martyre d’Omayra en Colombie, mise en scène de la guerre du Golfe). D’où déréalisation des sentiments moraux.
La post modernité est donc l’aboutissement de ce processus de déréalisation.
Le débat se fait entre
-ceux qui disent (comme Tacussel) : la post modernité est l’encastrement entre des arguments archaïques et des éléments de technologie avancée. On en trouve une expression à travers la mode de la néo médiévalité, à travers des phénomènes comme Harry Potter. On ne parle plus des personnages médiévaux ou mythiques comme on en parlait autrefois, voir les jeux vidéo. Mélange d’archaïsme et de modernité. Les images sursymbolisent ou détournent des valeurs. Ex de Mitterrand au Panthéon, inimaginable autrefois. La légitimité ne peut venir que des morts, il s’agit avant tout de marquer l’opinion par la visite au Panthéon. La rationalité dans le champ politique n’est donc plus efficiente, c’est l’émotionnel qui prend le dessus. Nous ne sommes donc plus dans la modernité, ce qui soulève aussitôt la question du relativisme anthropologique : on va donc donner la même valeur à des phénomènes ou à des comportements naissant ou apparaissant dans des espaces différents. « Inspiration » par on ne sait quoi de certains hommes et femmes politiques, intrusion de l’irrationnel (ex de l’insécurité au moment de la campagne de 2002)
-et en face les « néomodernes » : Habermas par exemple, qui dit que la modernité est inachevée, qu’elle va se réguler. On n’est pas vraiment « passé à autre chose ». La modernité a connu trois étapes :
philosophique, émancipation de l’homme par rapport à ses superstitions (Kant)
sociale, économique et historique, (Hegel et Marx)
communicationnelle, la nôtre. On revenir au principe de raison à travers des modes de communication
Histoire du concept de modernité : Ve siècle modernitas/antiquitas = signal de l’unification du monde autour de la Chrétienté.
Anecdote : cf « Sur la religion » de Marx et Engels. 4 chapitres sont consacrés au spiritisme. (1864 ?). Une des thèses est la suivante : dans beaucoup de milieux populaires, où l’émancipation est recherchée, le spiritisme a de l’audience. Cette partie de croyance répond à cette inquiétude devant la mort, et à cette inquiétude qui est de ne plus trouver de sens à sa vie.[i]
Rapport aux sciences : contrairement à une idée admise, les théoriciens de la post-modernité ne se sont pas intéressés aux questions scientifiques (sauf Bruno Latour) mais plutôt à des phénomènes artistiques, par exemple la danse (Pina Bausch, différentes formes de spectacle total).
Pourquoi en sommes-nous arrivés à une société qui n’est plus moderne ? Parce qu’il y avait dans la société moderne tout ce qui resurgit aujourd’hui sous forme détournée: exemple des copies d’Université « googlisées », instantanéisation du rapport à la culture et à la tradition. Sans être dans un pessimisme complet : avoir un portable est sans doute utile, mais rien ne nous assure que ces progrès vont nous rendre meilleurs que les générations précédentes.
Ce n’est pas parce qu’il y a eu des génocides au milieu du XXe que cela ne recommencera pas.
[i] J’ai fait aussitôt après la séance une recherche sur cette référence, qui s’est avérée introuvable. A priori, il semble que l’intervenant ait fait une confusion. Il existe bien un ouvrage intitulé « Sur la religion », mais c’est une collection de textes de Marx et Engels (au demeurant passionnants) compilés par G. Badia, P. Bange et Émile Bottigelli et publiés en 1928 aux Editions sociales, ouvrage numérisé récemment par un certain Claude Ovtcharenko pour notre plus grand plaisir (on trouve ce document en version Word sur Internet). Peut-être aurons-nous la référence exacte d’ici au 17 janvier.
Date de création : 10/11/2008 @ 11:33
Dernière modification : 13/06/2009 @ 12:03
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