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Compte-rendus - Compte-rendus 2006

 Cercle Zététique du Languedoc-Roussillon

 

Réunion du Samedi 14/01/2006

 

Présents : E N, M G, G L N, J B F, L P, M G, C P, J-L B, S L, M B

Excusés : J F, S P, M B, J B

 

I - Tenue de l’Assemblée générale ordinaire

 

1) Rapport d’activités présenté par M G, Président sortant

-          Activités internes : une réunion mensuelle sauf pendant les vacances d’été, consacrée à des discussions sur des thèmes divers, notamment la question du nucléaire, l’enseignement du fait religieux à l’école

-          Activités externes :

·         présence lors de la Foire aux associations de Montpellier

·         lycée Joffre le 14 Octobre : participation à la Fête de la science, test astrologique avec les élèves de seconde, intervention devant une centaine d’élèves

·         interventions de G L N dans les Pyrénées Orientales lors de diverses réunions publiques, notamment en présence d’Yves Lignon

·         participation à la réunion de préparation du programme 2005/2006 du Bar des sciences

·         courrier à Midi Libre suite à la publication d’un article sur les Crop circles

-          Projets en cours :

·         Réunion publique ou manifestation en présence de Jacques Van Rillaer. Contact à prendre avec l’association des thérapeutes cognitivo-comportementalistes pour partager les frais.

·         Test astrologique avec Joël Béart

·         Café pédagogique le 24/1 aux CEMEA pour présenter la Zététique

- Proposition : relever des statistiques en fonction des phases de la lune, autorisation du Procureur nécessaire pour consulter les registres de naissance en fonction des phases de la lune. M G a écrit pour demander cette autorisation et aura besoin d’aide pour traiter ces données.

 

2) Rapport financier :

Recettes

Dépenses

Au compte en début d’année 2005

177,55

Assurance

96,70

Adhésions : 11 X 8

88

photocopies

13,30

 

 

Frais de tenue de compte

3

Total recettes

265,55

Total dépenses

113

Solde positif en fin d’année 2005 avant collecte des adhésions 2006

152,55

Subvention à percevoir de la ville

200

Pm en attente : paiement de la BP

70

Cotisation : reconduction du montant de l’adhésion de 8 €

 

3) Election des instances

M G ne souhaitant pas se maintenir au poste de Président, E N présente sa candidature, laquelle est acceptée à l’unanimité.

Le Bureau, également élu à l’unanimité, est ainsi constitué :

E N, Président

L P, Vice-Président

J-L B, Secrétaire

M G, Trésorier

Membres : M G, CP, J B

 

4) Questions administratives diverses :

Constituer un minimum de matériel : tampon, papier à en-tête en récupérant le logo déjà existant, dû à R C. C P s’en occupe et refait une carte de membre.

Question du tampon, du logo, du papier à en-tête

R C avait préparé quelque chose.

Cyril refait une carte

 

5) Transfert du siège social

 

II – Tenue de la réunion ordinaire :

1) Bibliographies :

E N présente trois ouvrages

-          L’édition de 1680 de l’ouvrage « Histoire critique du Vieux testament » du RP Richard Simon, prêtre de la Congrégation de l’Oratoire (possession personnelle)

-          La réédition récente, aux Belles-lettres, collection « la Roue à Livres » de Lorenzo Valla « la Donation de Constantin ».

-          Histoire de l’athéisme, par Georges Minois (Fayard)

M G présente :

-          le « Discours de la servitude volontaire », La Boétie, Editions 1000 et une Nuits

-          Nouvelles rumeurs d’aujourd’hui », de Véronique Campion-Vincent et Jean-Bruno Renard. Petite Bibliothèque Payot

 

2) Exposé et discussion sur le phénomène de la rumeur, introduction par Jean-Luc Bernet

2-1) Définition d’une légende urbaine selon Jean-Bruno Renard (« la Rumeur », Que sais-je)

 

 

Exemples ou commentaires

1

Récit anonyme

rarement à la première personne, récit attribué (on m’a dit) mais sans vérification possible

2

Récit unique, avec variantes

Qu’est-ce que le risque ? Qu’est-ce que le culot ?

3

Récit bref, se raconte

Genre narratif assimilable à la fable, l’anecdote, la nouvelle, le conte, l’histoire drôle

4

Récit surprenant, inhabituel

Avec une chute qui donne son sens ou son sel à l’histoire

5

Raconté comme vrai

Bien qu’invraisemblable : exemple de la copie blanche

6

Suppose l’implication des locuteurs

…même si elle circule à l’extérieur du milieu directement concerné

7

Histoire récente

D’où la constante réactualisation des anecdotes

8

Avec un message implicite

 

 

2-2) Des notions proches :

-          légendes traditionnelles et légendes urbaines :

·         le caractère ancien ou récent fait une 1e différence

·         le cadre : traditionnel ou moderne est la 2e différen,ce

·         malgré tout : continuité, exemple de la Dame Blanche

-          rumeurs et légendes : les 1es relèvent de la sociologie, les 2es du folklore ou de l’ethnologie . Définition de la rumeur selon Michel-Louis Rouquette :

·         instabilité (variantes)

·         croyance (implication

·         négativité (prédominance de la légende « noire ») : dire du mal d’autrui renforce le sentiment d’appartenance

·         attribution à une source prétendue

-          mythes, contes, légendes : 5 critères,

·         deux concernent l’usage du récit :

.     dans quel but le raconte-t-on

.    est-il objet de croyance

·         trois concernent le contenu :

.     nature des personnages

.     lieu de l’action

.     temps de l’action

·         mythe : élément d’un système idéologique, souvent accompagné de rites

·         conte : a pour but le divertissement

·         légende : se donne à l’origine pour vraie, reflet d’événements ou de personnages exceptionnels

-          faits divers et rumeurs/légendes urbaines : continuité (des faits divers sont souvent à l’origine)

2-3) Quelques exemples :

-          la copie de philo

-          le ticket mangé

-          le doberman qui étouffe

-          le caniche dans le micro-ondes

-          le jeune homme qui veut échapper au service militaire

 

2-4) Les thématiques :

-          les nouvelles technologies

-          les étrangers

-          la nature sauvage (animaux étranges ou égarés)

-          l’évolution des mœurs (légendes à caractère sexuel, ou dénonçant l’incompétence supposée de certaines professions : l’architecte se donnant la mort après une erreur)

-          le surnaturel

2-5) Autre source : « le plus vieux média du monde », de Jean-Noël Kapferer

D’après Kapferer : trois critères essentiels permettent de caractériser la rumeur

-          la rumeur se donne comme vraie

-          est liée à l’actualité

-          cherche à convaincre (message)

 

Shibutani : la rumeur est une nouvelle improvisée résultant d’un processus de discussion collective.

R = Importance X Ambiguïté, notion d’implication du groupe

 

La rumeur est le marché noir de l’information

 

2-6) Comment naissent les rumeurs ?

-          confidence, info précieuse, sous le sceau du secret (Attali et Bercoff/Bérégovoy-Roudy)

-          fait troublant (assassinat d’Indira Gandhi – assassinat du Pdt Singh)

-          témoignage ou rumeur provoquée (la rumeur, Karl Zéro)

-          fantasmes (psychiatrisation de la rumeur) : Adjani, M. Jackson, Orléans

-          mythes flottants (serpent ds le yucca, crocodile ds les égoûts)

-          malentendus

-          manipulations

-          publication non vérifiée

2-7) Qu’est-ce qui la fait courir?

-          la rumeur est une nouvelle

-          parler pour savoir

-          parler pour convaincre

-          parler pour se libérer

-          parler pour plaire

-          parler pour parler

 

2-8) Un cas d’école : La rumeur d’Orléans (1975)

 

2-9) Plus près de nous et plus caractéristique encore : la rumeur de Nîmes (1988)

 

Discussion et échange.

 

La séance est levée à 12h15

 

 

 Cercle Zététique du Languedoc-Roussillon

 

Réunion du 18-2-2006

 

Excusés : M B – M B – J F – J B – L

Présents :

M G – E N – M G– C P – J B – A N – F M – J-L B – M B

 

1) F M, nouvelle venue, se présente. Elle a rencontré le Cercle zététique et la zététique en général sur Internet, assisté au Café pédagogique du 24 Janvier, et en tant que docteur en psychologie est particulièrement intéressée au thème du jour. (*)

 

2) Bibliographie  (ouvrages d’intérêt apportés par les participants):

« Mais où est donc…ma mémoire ? » Alain Lieury Ed Dunod

« Sexualité et sciences sociales » coordonné par Michel Bozon et Henri Leridon. INED-PUF

 

« A quel psy se vouer ? » Monique Elkaïm (titre proposé par F M)

 

3) Informations, suggestions et questions diverses  (en début et en fin de réunion):

-          courrier reçu de Joël Béart, qui annonce trois mois de travail avant de pouvoir nous présenter les résultats du test astrologique.

-          Thème à traiter ultérieurement  (suggestion de Françoise Mariotti): la programmation neuro-linguistique (PNL pour les intimes), qui figure en bonne place au rayon des escroqueries pseudo-psychologiques. Plus tard dans la discussion, il sera également question d’une nouvelle technique « thérapeutique », dite EMDR. Vérification faite il s’agit de eye movement desensitization and reprocessing, thérapie qui, comme par hasard, est souvent associée à la PNL et à l’hypnothérapie. (**)

-          Les cassettes des quatre émissions diffusées par La 5 sur le thème « la Bible et l’archéologie » sont remises à Elie qui se charge d’en faire une reproduction sur DVD : l’un sera gardé par lui, l’autre sera à disposition pour duplication.

-          Projet de travail autour de l’influence de la lune sur les accouchements. Michel Galtier a écrit, comme convenu, au Procureur de la République pour demander à accéder aux registres d’état civil d’une année donnée. L’autorisation lui a été refusée, mais Elie Nicolas rappelle que cet accès est libre au-delà d’une certaine date. Il est donc possible de remonter 100 ans en arrière, d’autant qu’on éviterait ainsi le biais des accouchements provoqués, qui sont de plus en plus nombreux pour des raisons diverses (dans lesquelles l’influence supposée de la lune joue peut-être un rôle). D’autre part, le Cercle de généalogie a probablement déjà fait ce travail, il peut être utile de se rapprocher d’eux. Quant au calendrier lunaire, Elie pourra le fournir sans problème.

-          Café des sciences du 17 Mai. J-Luc fait part de ses observations, concernant le dernier auquel il a participé  (15/2, le nucléaire): il manque sans doute un modérateur, qui recentre le débat. Il est vrai que l’une des fonctions de ce Café est aussi que les personnes présentes puissent s’exprimer assez librement. Il y a donc peut-être un équilibre à trouver entre parole libre et propos plus structurés A discuter avec Catherine Biéd, qui sera notre interlocutrice pour cette manifestation.

 

4) Présentation du Livre noir de la psychanalyse, par M G.

Le livre noir de la psychanalyse

Ce gros pavé de 800 pages est un travail collectif : bien que 5 noms seulement figurent sur la couverture, la table des matières fait apparaître plus de 25 contributeurs. Le texte total est réparti en 5 parties qui peuvent être lues chacune de façon autonome.

La première partie, « La face cachée de l’histoire freudienne » contient en gros les mêmes informations que le livre de Bénesteau, (Mensonges Freudiens). Il explique essentiellement comment Freud a publié des relations fausses des prétendues guérisons qu’il disait avoir obtenues. De ce point de vue, ce chapitre n’est guère nouveau.

La deuxième partie, « pourquoi la psychanalyse a-t-elle eu un tel succès »,  essaye de décrire la situation historique de la psychanalyse, en particulier en France, avec l’école Lacanienne. En même temps, elle donne un bilan des bénéfices que ressentent certains des patients qui y ont eu recours.

La psychanalyse et ses impasses, troisième partie, est  plutôt une approche épistémologique. La psychanalyse est-elle une science ? La réponse en gros est qu’elle s’apparente plus à une religion, avec ses croyants, ses rites d’initiation, ses prophètes et ses anathèmes.

La quatrième partie, « les victimes de la psychanalyse » constitue, à mon avis, la critique la plus incisive, et c’est une mise en accusation sévère. Outre des cas individuels, deux catégories de victimes sont exhibées. Les mères d’abord, désignées à priori comme coupables des troubles éventuels de leurs enfants, et culpabilisées  pour cette responsabilité. Les mères d’enfants autistes en particulier, ont été désignées comme produisant le syndrome de leur enfant. Une autre catégorie de victime, est constituée par les toxicomanes. Ils ont été victimes en ce sens que la psychanalyse étant une démarche de longue haleine, elle est incapable de faire face à une situation d’urgence. Les toxicomanes ont largement le temps de succomber à  une overdose avant la fin de leur analyse.

        Enfin la dernière partie, « Il y a une vie après Freud », donne les pistes des psychothérapies d’aujourd’hui, des traitements médicamenteux, et des voies ouvertes par les neurosciences.

        Au total, ce livre décortique par de nombreux aspects le fonctionnement de la psychanalyse. Ce n’est pas pourtant un pamphlet, et à de nombreux endroits on y trouve la relation d’aspects positifs de cette pratique. Ce n’en est pas moins une critique sévère.

 

En marge de sa présentation, Michel signale un article paru dans le Monde sous la signature de Pierre-Henri Castel, lequel article fait suite à une émission de France Culture sur le thème : Que répond la psychanalyse aux neurosciences ? Dans cet article, l’auteur illustre parfaitement un aspect de la démonstration du Livre noir : la psychanalyse est une religion, à telle enseigne que quand elle est attaquée, au lieu d’argumenter elle jette l’anathème sur ceux qui la critiquent. Comme dit Elie Nicolas, la parole qui sans doute concluait autrefois bien des débats conciliaires sur le sexe des anges ou la nature du Christ a toujours cours : αναθεμα εστω , autrement dit, qui dit cela, qu’il soit anathème !

 

La discussion qui suit souligne les apports du livre, même s’il est essentiel de distinguer

-          d’une part : la psychanalyse, comme phénomène politique et culturel qui tente de s’approprier l’espace de la santé mentale,

-          d’autre part la compréhension qu’on peut en avoir au niveau individuel.

Force est de constater que la psychanalyse, comme aussi, selon d’autres modalités, l’engagement dans un mouvement de type sectaire, peut procurer l’écoute et l’attention chaleureuses qui peuvent permettre à une personne d’aller mieux. Elle peut également contribuer à redonner confiance. L’erreur est de croire qu’elle est en cela irremplaçable ou unique, alors que c’est le propre de toute activité sociale supposant un engagement, même réduit au minimum.

 

Quelques éléments sont apportés par les uns ou par les autres. E N rappelle que la force curative de la parole était déjà utilisée dans l’Athènes classique par Antiphon (***)

 

Toujours selon E N, le « vrai » mythe d’Œdipe n’a rien à voir avec l’utilisation qui en est faite par Freud, et cette remarque appelle des développements qui nous sont promis pour une prochaine séance.

 

Discussion sur la question du renvoi sur les parents de la culpabilité éventuelle : il y a à l’évidence des approches différentes, voire opposées, ainsi qu’en témoignent des personnes présentes. Cela dit, en termes d’efficacité thérapeutique, le débat reste ouvert : vaut-il mieux s’entendre dire que ce qui nous arrive est de la faute de nos parents, ou être renvoyés à notre liberté et à nos propres choix ? Cela démontre une fois de plus l’articulation entre psychanalyse et philosophie, plus qu’entre psychanalyse et soin. Articulation que revendiquent d’ailleurs les psychanalystes eux-mêmes, et sur ce point il n’y a rien à redire, aussi longtemps qu’il s’agit d’une philosophie « comme une autre ».

 

Des personnes ayant  vécu une cure témoignent par ailleurs de dérapages ahurissants : ainsi un notable du milieu psy, connu et reconnu, assez en tout cas pour être, non seulement analyste lui-même, mais aussi superviseur d’autres analystes, peut-il énoncer qu’ « il est normal que les femmes se sentent coupables, puisqu’elles sont coupées. »

 

Bref, la question de l’évaluation des effets thérapeutiques est au cœur du débat : non seulement l’évaluation « externe », objet, en son temps, de l’expertise collective de l’INSERM par où est venu le scandale, mais aussi de l’évaluation « interne » par les pairs (supervision), par les débats d’idées (congrès, conférences, etc .) et par les publications. Comme, selon les chiffres donnés par F M, 9 analystes sur 10 ne sont pas supervisés, la bouteille à l’encre reste pleine.

 

La séance est levée à 12h15. La prochaine réunion aura lieu le samedi 18 Mars, même heure, même lieu. Le thème : l’axiologie historique, introduite par Elie Nicolas.

 

Notes de J-L

Notes

(*) F M anime de son côté un Café du Genre qui a lieu tous les mois. Prochain thème : « la vigne, c’est féminin » le 7 mars de 18h30 à 20h00 au Comptoir de l’Arc, place de la Canourgue.

 

(**) cf par exemple : http://www.ledevoir.com/2003/11/01/39549.html?268, ou encore : http://mapage.noos.fr/cabinet.lub/index.html

 

(***) Vérification faite, Antiphon, 480/411 av JC passe pour avoir été le premier logographe, ce qui est une combinaison d’avocat des pauvres et d’écrivain public. Mais sans doute Elie nous en dira-t-il davantage la prochaine fois (note de J-L B). Pour en savoir plus : Wikipedia

 

Autre source : un ouvrage d’Annie HOURCADE Antiphon d'Athènes, Une pensée de l'individu.

La connaissance de la personnalité d’Antiphon d'Athènes, sophiste et orateur mort en 411 avant J.-C., a bénéficié de l'apport de découvertes papyrologiques récentes, permettant de voir se préciser, depuis quelques années, la figure historique et philosophique de ce théoricien politique dont Thucydide fit un éloge enthousiaste et mérité. Sa contribution décisive au débat qui oppose partisans de la convention et partisans de la nature, recèle une théorie morale et politique naturaliste, extrêmement originale, demeurant, de nos jours encore, sans équivalent strict dans l'histoire des idées. Prenant pour fondement une physique mécaniste du multiple et de l'élément, qui doit sans aucun doute beaucoup à Démocrite, Antiphon élabore une conception de la cité et de l'homme que l'on peut qualifier d'atomistique. Le collectif n'est qu'un agrégat factice dont la cohésion est artificiellement maintenue par le nomos. La règle publique exerce en permanence sa violence contre la personne privée. Antiphon, opérant un renversement de perspective, se propose de penser l'éthique et le politique non plus du point de vue du groupe, mais du point de vue de l'individu.

Source : http://www.eurorgan.be/collections/coll_fig/antiphon.htm

 

 

 

 

Cercle Zététique du Languedoc-Roussillon

 

Réunion du 15/04/2006

 

Présents : E N, M G, C P, J-L B, M B, M B, A N, F M, L P.

Excusés : GLN, M B, S P

 

Invités : T B et C B à propos du Bar des Sciences

 

1) Lectures et propositions

-          E N propose de faire une commande groupée de « La science face au défi du paranormal » éditée par le CSICOP belge – 20€

-          Documentaire sur le créationnisme vu du côté musulman, à visionner la prochaine fois, document proposé par Elie.  J-L se charge du vidéo projecteur (si présent à la séance)

-          Laurent indique qu’une critique zététique du livre de Roudinesco en réponse au Livre Noir de la Psychanalyse est disponible (voir avec lui pour plus de précisions). Roudinesco

-          Alber Schweitzer a écrit dans les années 20 un livre démontrant qu’il était impossible d’écrire une vie de Jésus (après recherche sur Price Minister, il s’agit sans doute de «Le secret historique de la vie de Jésus » Albin Michel. J-Luc)

-           

 

2) Bar des Sciences : discussion sur séance du 17 Mai , sur le titre. Finalement on en reste au titre déjà enregistré : science et supercherie. Thierry Brassac est invité à appeler trois personnes de ou liées à la Fac de Théo.

Site du Bar des sciences : www.bar-des-sciences.info.

 

3) Présentation par J-L B de la synthèse (65 pages) de l’expertise collective de l’INSERM sur le dépistage précoce des troubles de conduite chez le jeune enfant. Voici la trame de l’exposé.

Le rapport complet fait 468 pages.

Genèse de ce travail : il s’inscrit dans la suite d’une expertise collective réalisée en 2002 sur les troubles mentaux (mais rien à voir avec celle de 2004 sur les trois approches thérapeutiques).

 

Intérêt général de l’étude :

-          principe de l’expertise collective

-          approche Xdisciplinaire

-          délimitation scientifique d’un problème de société

-          exploration sans tabous de différentes pistes (p. ex l’héritabilité génétique)

-          recommandations

 

Démarche :

-          délimitation du trouble des conduites, ses interactions avec les TOP (troubles oppositionnels avec provocation) et le TDAH (trouble/déficit de l’attention/hyperactivité) : notion de comorbidité. Recours aux classifications DSM IV, CIM-10, CFTMEA

-          carence d’études, en particulier en France (Chartres, seule étude complète cf p. 7)

-          la question de l’héritabilité génétique : rôle d’acides aminés ou de leurs récepteurs comme la dopamine ou la sérotonine

-          tempérament et personnalité

-          environnement et histoire : facteurs familiaux, grossesse précoce

-          déficits neurocognitifs : passage intéressant  sur

·         déficit des habiletés verbales

.    influence régulatrice exercée par le langage dans les processus de contrôle du comportement humain.

.    capacité du langage à pouvoir exprimer correctement les émotions du sujet mais aussi à pouvoir décoder celles ressenties par autrui (notion d’empathie)

.    corrélation étroite existant entre le niveau verbal et celui des apprentissages scolaires.

·         déficit du système d’inhibition exécutive de l’action

-          prévention : distinction, peu claire d’ailleurs entre prévention universelle, prévention sélective (groupe à risque) et prévention indiquée (groupes comprenant des individus qui manifestent ces risques)

-          prises en charge thérapeutiques : l’approche en systémie familiale est largement privilégiée

-          traitement pharmacologique en 2e intention (antipsychotiques, psychostimulants et thymorégulateurs): car développement des neurosciences et progrès de la neuroimagerie ; découvertes sur la corrélation agressivité/faibles taux de cholestérol ; découverte sur le rôle  du cortex préfrontal, dernière zone cérébrale à se différencier chez l’homme

-          recours aux modèles animaux : développement (là encore discutable) sur l’axe du stress et le lien entre peur et agressivité ou anxiété et agressivité

 

Remarques perso :

1)       Le concept de personnalité antisociale ne passe pas ; il a des relents de stalinisme

2)       Il y a dans la démarche, quoi qu’en disent les auteurs, un glissement perceptible à certains moments vers la prédiction/prévision (cf discussion)

3)       Beaucoup de tautologies, de simplismes, voire de simplifications : le choix délibéré des TCC quasiment à l’exclusion de toute autre approche finit par poser pb.

 

Cela dit, les arguments avancés contre ce travail sont le plus souvent de nature idéologique, et non scientifique, (par exemple sur le fait qu’une partie importante des sources, fort logiquement, est d’origine « anglo saxonne » donc suspecte), irrigués de mauvaise foi (beaucoup de procès d’intention), voire d’ordre politique (l’utilisation que certains peuvent en faire, qui est tout autres chose que le contenu du travail lui-même).

 

4) Discussion  (certaines interventions ont été regroupées pour plus de lisibilité):

Elie :

-          la critique qu’on peut faire à ce travail est d’abord méthodologique, c’est une méta-analyse, donc avec ses défauts, on n’a que les documents publiés, pertinents ou non, donc on se prive des documents non publiés.

-          manque de comparatifs. Notion d’agressivité vue comme un absolu alors qu’elle doit être resituée dans le contexte.

-          ce n’est pas une étude. Déficit de contextualisation. Propose des solutions contextualisées à la France alors que l’étude elle-même n’est pas contextualisée.

 

Françoise : critique d’un triple point de vue

-          psychothérapeutique : risque de stigmatisation de l’enfant, si on surveille l’enfant de cette façon, si on traite les psychoses de manière strictement médicamenteuse.

-          Approche déterministe : c’est la société qui est violente (ex des émissions de TV).

-          Féministe : socialisation des filles et des garçons. D’autre part on stigmatise encore la mère (diagnostic anténatal).

 

Laurent :

-          se rappeler que l’effet Pygmalion existe déjà, de façon sauvage ; on peut préférer une démarche qui finalement permet de le parler et de le réguler, à celui qui est le seul fait de l’arbitraire de l’enseignant (p. ex).

-          Détecter, pq ? pas. Les grilles de lecture se déplacent, il y a influence réciproque entre l’évolution sociale et ses grilles de lecture (ex homosexualité a disparu de DSM)

-          Manque de prudence, peut-être, ignorant que leur travail allait être lu avec des lunettes idéologiques.

-          Nuance sur la notion de prédiction : il ne s’agit pas de dire « un enfant sera obligatoirement délinquant »; la prédictivité porte sur le risque qu’il le devienne.

-          Parler des « Américains » en général est une forme de critique qui se veut globale mais ne signifie pas grand chose.

 

M G

Effet Pygmalion existe déjà, plus même que ce qu’on peut savoir : la transmission d’infos entre maternelle et primaire par exemple. Les enfants sont déjà plombés.

Le dépistage des comportements à risque chez des enfants jeunes est réel. Ce qui pose deux questions :

-          analyse scientifique dérisoire // énormité du pb

-          critiques essentiellement idéologiques

Falsifier le document comme le font certains permet de s’exonérer à bon compte de toute action à entreprendre.

 

Alain : génétique = apport américain

 

Citation de Platon en conclusion de la discussion (proposée par Elie) : « Les hommes bons sont ceux qui se contentent de penser ce que les mauvais font. »

 Platon

 

Prochaine réunion du CZLR le samedi 13 Mai  à 10h même endroit (MPT Voltaire). Le bureau se réunit comme d’habitude à 9h30.

 

Thème : Elie se propose de faire le point sur l’affaire dite de l’Evangile de Judas qui a les faveurs des Gazettes.

 

Et ne pas oublier non plus le Bar des Sciences sur « Science et supercherie » coanimé par le CZLR, le mercredi 17 mai à 20 à l’Eden, 20, Bd Sarrailh

 

 

Notes de J-L B

 

 

 

 

 

 

Cercle Zététique du Languedoc-Roussillon

 

Réunion du 13/5/2006

 

Deux exposés d’E N

1) Point sur l’affaire dite de l’Evangile de Judas

- Le film des événements : 1970 un fellah égyptien trouve un manuscrit en copte qu’il essaie ensuite de vendre sur le marché noir des antiquités. L’acheteur cairote le cède finalement à un acheteur américain qui se fait sponsoriser par National Geographic pour le restaurer. Le NG envoie le manuscrit à Lausanne et fait un film du processus de restauration. Les restaurateurs découvrent à la dernière page la mention « epangelion T. Judas »

Il s’agit d’un texte Caïnite mentionné dans « Contra heresiae » par Irénée de Lyon, comme évangile de Judas, écrit pour justifier l’action du dit Judas. On admet (jusqu’à preuve du contraire) que « l’évangile est celui qui était connu d’Irénée.

 

- Un texte d’inspiration gnostique. Qu’est-ce que le gnosticisme ? Le gnosticisme est antérieur au christianisme, mais il y a bien un gnosticisme chrétien qui s’appuie sur la vie de Jésus pour fonder sa doctrine. Les gnostiques chrétiens pensent que le J-C mort sur la croix n’est pas Dieu, Dieu est sorti de son corps  au moment de la mort. Peu importe donc la réalité physique de JC. Il faut donc connaître Dieu pour parvenir à la sublimation mystique.

Quoi qu’il en soit, le sens général de cet Evangile est bien de disculper Judas en lui faisant jouer le rôle de complice de Jésus dans le processus qui conduit à son sacrifice volontaire.

 

- Le coup médiatique était annoncé depuis un an. Le texte traduit en anglais existe sur Internet, y compris en copte

 

Question : les Cathares sont-ils gnostiques ? E N : d’une certaine façon, mais ils st surtout manichéens. Une filiation existe peut-être entre gnostiques et Cathares (qui s’appelaient eux-mêmes vrais chrétiens) mais elle n’est pas établie.

 

 

2) Reconstitution de la Formation de la Bible

Sur l’axe du temps

 

» 450

av J-C

» 250

av J-C

» 125

av J-C

1 ; -4

33

54-67

70

100

135

400

450

Vers 800

IXe siècle

XIXe siècle

Josias

Rédaction de la Septante

Les Macchabées = apparition du judéo-messianisme

Naissance supposée de Jésus

Mort supposée de Jésus

Rédaction des épîtres de Paul

1e Guerre des Juifs

Rédaction de l’Apocalypse

2e guerre des Juifs, Massada, destruction du Temple, expulsion des Juifs

Rédaction de la vulgate, en latin à partir de l’hébreu. Avant, on a la Vetus latina, traduction en latin de la Septante

La version définitive de la Bible Juive est adoptée à Yabné

Voyellisation du texte de Yabné

Charlemagne et Alcuin

 

Alcuin crée l’écriture caroline (minuscules avec séparations des mots) pour éviter que, comme avant, tout soit écrit en majuscules non séparées (en grec comme en latin) car la copie coûte trop cher.

Début de l’édition critique des textes

 

 

 

 

 

Apparition du NT

 

St Jérôme introduit la traduction à partir de l’hébreu

Retrait par les pharisiens de tt ce qui n’est pas écrit en hébreu ou araméen

 

Beaucoup d’erreurs de copie du fait du passage des majuscules non séparées à la caroline séparée

 

 

Pharisien vient de l’hébreu phérushim = séparer  ou דשװפ (vérifier l’orthographe)

 

Cercle Zététique du Languedoc-Roussillon

 

Réunion du samedi 17/6/2006

 

Prochaine réunion : samedi 8 Juillet – 10h00

 

Excusés : C P – M G – G L N – L P – J B – J F

 

Présents : M G- A N - M B – E N - M G - S Let son épouse B- J-L B - – M B – J P

 

1)       À propos des hymnes nationaux si prisés en ces temps de Mondial : nous écoutons d’abord avec émotion les premières mesures de Domine salvum fac regem, en bon français God save the King, composé au (XVIIe, XVIIIe ?) par (je n’ai pas noté le compositeur, Lulli ? XVIIe ?, désolé, Elie) et pieusement enregistré par Elie.

2)       Après cette introduction solennelle, la rubrique « Livres et publications » :

·         d’abord le livre qui sert de référence à l’exposé du jour : de Mony Elkaïm : « A quel psy se vouer ? » (Seuil)

·         ensuite quelques curiosités ou antiquités proposées par Elie Nicolas :

-          « Pour l’astrologie – Réflexions d’une scientifique » de Suzel Fuzeau-Braesch – Ed Le Grand Livre du mois

-          Ludwig Feuerbach « L’essence du christianisme »  Ed FM Fondations

-          Ainsi que des documents plus actuels : National Geographic de mai 2006: « Jésus a-t-il été trahi ? » - Dernier n° du Nouvel Obs : « Faut-il réhabiliter Judas ?»

3)       Exposé de Françoise Mariotti qui rappelle d’abord qui fait quoi (psychiatre / psychologue / psychothérapeute) et les débats autour de l’amendement Accoyer qui visait à mettre de l’ordre (mettre au pli ?) les professions se reconnaissant plus ou - sous le terme psy, avant de passer en revue 10 approches thérapeutiques :

 

1) AT

Eric Bern.

Chacun de nos états du moi se ramène à 3: enfant parent (normative ou nourricier) – adulte

Reparentage d’après Jacky Schiff

 

2) Art thérapie

Formation théorique exclusivement psychanalytique

 

3) Hypnose ericksonienne

Hypnose correspond à un état de conscience modifié entre veille et sommeil qui donne accès à certaines zones de l’inconscient.

 

4) EMDR

Francine Shapiron.

Peut être remboursée par SS

EMDR France

eye movement desensitization and reprocessing

 

5) Gestalt

Pearls : la poubelle de l’inconscient

Serge Ginger : cf cerveau sexe et pouvoir

Test du ballon au sol

Fleurs de Bach

 

6) Kinésiologie

Le muscle a une mémoire de l’énergie emmagasinée

Source médecine chinoise et méridiens

 

7) PNL (programmation neuro-linguistique)

principe de la synchronisation gestuelle (imiter les gestes)

les mouvement oculaires traduisent la pensée

décodage

 

8) Psychogénéalogie

Partie de l’hypothèse que le cancer est sans doute un héritage familial

 

Dont Psychobiogénéalogie

Dr Hammer : il n’y a que du psychosomatique

 

9) Sophrologie

Relaxation

 

10) ACP ou approche centrée sur la personne

Rogers. Formation expérientielle

Pas de transfert/contre transfert

Entretien non directif :

Empathie

Congruence (= « transfert exprimé »)

Considération positive inconditionnelle

 

Tous ces éléments peuvent être trouvés en détail sur le site de la revue « Psychologies » (http://www.psychologies.com) qui annonce sur la 2e page de son site Web une série de liens auxquels chacun pourra se reporter utilement pour plus de détails :

 

 

> Accueil : Tout sur les thérapies

 

 

 

Un grand nombre de définitions et l'éclairage de spécialistes, pour enfin vous y retrouver dans l'univers des psys.

 

 

Psychanalyste

Psychiatre

Psychologue

Psychothérapeute

 

 

 

15 conseils pour bien choisir son psy

13 manières d'aborder les questions d'argent

8 questions sur votre relation avec votre thérapeute

 

 

 

Test : quelle thérapie vous conviendrait ?

Analyse jungienne

Analyse transactionnelle (AT)

Art-thérapie

Coaching

Communication non violente (CNV)

Gestalt-thérapie

Hypnose

Hypnose éricksonnienne

Kinésiologie

L'analyse bioénergétique

L'analyse lacanienne

L'approche centrée sur la personne (ACP)

La musicothérapie

 

La psychosynthèse

La Psychothérapie comportementale, émotionnelle, rationnelle (PCER)

Le psychodrame analytique

Les thérapies de couple

Programmation neuro-linguistique

Psychogénéalogie

Rebirth

Relaxation

Sexologie

Sophrologie

Thérapie familiale

Thérapies comportementales et cognitives (TCC)

Thérapies psychocorporelles

 

 

 

 

 

 

Cercle Zététique du Languedoc-Roussillon

 

Réunion  du 8/7/2006

 

 

Présents :

E N– M G – C P–J B– J – F M – A N – M G – M B – M B – J-L B

 

Excusés : J B – L P - G L

1) Bibliographies :

Paul Feyerabend « Contre la méthode – Esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance » Seuil – Points

 

« Fluide vital – Contes de l’ère électrique» de Pierre Zweiacker – Presses polytechniques et universitaires romandes.

 

2) Thème du jour : Compléments apporté par F M à son exposé du mois précédente. Quelques notes (non remises en forme)

 

Françoise : qu’est-ce qui est thérapeutique ?

Dans l’ACP (approche centrée sur la personne) il y a une volonté d’expérimentation et d’observation

 

Rappel : les psys sont appelés à diverses orientations. Les psy cliniciens sont ceux qui reçoivent le plus d’enseignements autour de la psychanalyse (Freud, Lacan, Jung). Pratiquement personne ne se réclame de l’approche TCC.

Dans l’approche rodgérienne, il n’y a pas de patient mais un client.

Explication sur TCC : réflexe conditionné, découvertes sur les schémas mentaux

 

Le thérapeute prescrit des tâches au patient. Volonté de validation scientifique à échéances.

Question : le symptôme disparu ne revient-il pas (le déplacement ?)

 

Ce qui intervient finalement c’est la relation au thérapeute.

 

Discussion sur irrationnel/inexplicable.

 

Schizophrénie : explication par le double bind, complétée aujourd’hui par piste génétique ou neurophysiologique

 

Approche rodgerienne : le thérapeute doit développer trois attitudes

 

 

Antifon : premier psychanalyste ? (suggestion d’Élie).

 

Réponse de Wikipédia :

Antiphon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Antiphon, en grec ancien ντιφν / Antiphôn (Rhamnos, Attique v.-480Athènes -410), l'un des dix grands orateurs attiques.

Biographie [modifier]

Né dans le dème attique de Rhamnos, Antiphon est le fils de Sophilus, un aristocrate athénien et sophiste. Son grand-père est un fervent soutien des Pisistratides. Antiphon apprend l'art oratoire de son père et entame une carrière de logographe et de sophiste, enseignant à son tour la rhétorique.

Après avoir été le maître de Thucydide, qui le défend ensuite avec chaleur dans ses écrits, il s'engage en politique sur la fin de sa vie : il participe à la révolution oligarchique des Quatre-Cents en -411. À la chute du régime, en -410, il est jugé pour trahison, et malgré un discours passionné de défense, dont Thucydide dit qu'il est « le plus parfait qu'on ait jamais entendu dans une affaire capitale », il est condamné à boire la ciguë cette même année.

Les sources principales concernant Antiphon sont, outre ses propres discours, Thucydide et le pseudo-Plutarque, dans la Vie des dix orateurs. Il faut noter que, selon certains auteurs contemporains, Antiphon le sophiste est peut-être distinct d'Antiphon le logographe.

Œuvre [modifier]

Si la tradition attribue 60 discours à Antiphon, nous n'en conservons que six en entier, ainsi que des fragments de vingt autres. Le premier discours que nous ayons remonte à 430 av. J.-C.

La tradition fait de lui le fondateur de l'éloquence judiciaire, l'un des trois types d'éloquence grecque — il est d'ailleurs le premier orateur dont les discours aient été publiés. C'est un logographe, trois des discours que nous conservons concernent des affaires d'homicide. Il est également l'auteur des Tétralogies, des exercices rhétoriques mettent en regard deux discours (le premier et le second exigés par la procédure athénienne) de l'accusation et deux discours (idem) de la défense, également pour des affaires d'homicide.

Antiphon enseigne, et démontre dans ses œuvres, des procédés techniques pour faire un bon discours. D'abord, il préconise une disposition en cinq parties, puis il donne une liste d'arguments-type, les τόποι / topoi utilisables dans toutes les plaidoiries. C'est également lui qui, selon la tradition, introduit la technique du vraisemblable, éliminant tour à tour les hypothèses invraisemblables pour prouver l'innocence ou la culpabilité de l'accusé.

Antiphon peut être considéré comme un des précurseurs de la psychanalyse. Il est l'inventeur d'une méthode d'interprétation des rêves ainsi que d'une thérapie de l'âme fondée sur le discours.

 

Et encore, pour compléter vos informations sur Carl Rodgers : toujours dans Wikipédia

 

Carl Rogers

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

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Pour les articles homonymes, voir Rogers. 


Carl Rogers (né en 1902 à Chicago, mort en 1987 à La Jolla), psychologue humaniste.

Son Approche Centrée sur la Personne (ACP) met l'accent sur la qualité de la relation entre le thérapeute et le client (écoute empathique, authenticité et non-jugement).

Dans l'approche rogérienne, l'authenticité (ou : congruence) se résume en la congruence entre le Moi-Idéal et le Moi-Vécu du thérapeute, le premier se référant aux conceptions idéales de soi, et le Moi-Vécu au... vécu. Le thérapeute se doit d'être un exemple d'authenticité pour son client, à la fois pour éviter tout langage paradoxal que pour signifier au patient qu'il est, lui aussi, un être humain...

L'empathie (ou : verbalisation) s'exprime par des messages verbaux et non-verbaux. Les messages verbaux consistent en la répétition ou la reformulation des éléments clés d'une problématique exprimée par un client (c'est-à-dire davantage que le seul langage phatique). Le thérapeute est capable de comprendre une situation non pas depuis son cadre de référence, mais depuis celui de son client.

La chaleur (ou: considération positive, non-jugement), enfin, consiste en l'accueil inconditionnel du patient / client. La personne est acceptée telle qu'elle est, dans l'ici et le maintenant, avec le cadre de référence qui lui est propre. Une attitude humaine, chaleureuse et encourageante sont les points-clés de cette dimension.

Bien plus que des concepts à appliquer, les trois dimensions rogériennes sont d'immanquables savoir-être et savoir-faire pour le thérapeute / conseiller.

Le travail de Carl Rogers s'est étendu à la pédagogie et à la résolution de conflits internationaux.

Exemples de phrases de type empathique : [modifier]

  • Vous avez le sentiment de ne pas pouvoir faire...
  • Vous éprouvez une frustration par rapport à ...
  • Vous ressentez un malaise ... de la rancune ... etc ...

On remarquera que l'ensemble des phrases empathiques du professionnel sont centrées sur le patient et sa manière de vivre les choses sur le plan affectif. Cette manière de faire a pour but de permettre au patient de mieux cerner, par cet accompagnement ciblé, les conséquences affectives des expériences vécues et des appréhensions. Elles ont également pour effet côté professionnel de ne pas catégoriser les déclarations du patient, en autorisant celui-ci à exprimer par approbation simple ce qui est difficile pour lui de mettre en mots. Cette technique est ainsi accélératrice de l'énonciation.

 

3) Journée des associations du dimanche 10 septembre :

Notre emplacement n° 766 rue de l’Acropole

J-L apporte chaises pliantes. Michel apporte le parasol ou les parapluies, l’expo

MG apporte une table pliante

Elie s’occupe de récupérer SPS. Sera là vers 13h00

Michel Bakri matin ou soir.

 

Matin : MG Jean-Luc BERNET- Martine. Laurent ?

Am : Elie Cyril Alain Martine un peu – Françoise passera par intermittences (prise ailleurs)

 

Elie doit appeler Jean Brissonnet notamment pour des ex de SPS

 

Tous ceux qui veulent passer seront les bienvenus, car nouys pouvons aussi être appelés à passer du temps sur d’autres stands.

 

 

4) prochaine réunion : le samedi 16 septembre même heure, même lieu.

Thème : le changement climatique (Michel Galtier).

Thèmes suivants :

Les OGM en octobre. Élie trouve l’intervenant.

Ensuite : voir ce qu’il en est de l’étude sur le thème astral. J-Luc s’en occupe

 

5) La phrase du jour : « Face au paranormal, le/la sceptique doute, le/la zététicien/ne cherche » Un penseur contemporain.

 

 

 

Cercle Zététique du Languedoc-Roussillon

 

Réunion  du 16/9/2006

 

 

Présents :

E N– M G – C P–J B – J Fr – F M – A N – M – M B – M B – J-L B

 

Excusés : M B – J B – G L N – L P

 

 

1)       Problèmes administratifs divers

2)       Rapport de la journée des associations : environ une vingtaine de contacts

3)       Colloque de Marseille : la réunion du 14 Octobre aura entre autres pour objet d’organiser une participation au colloque organisé par la FECRIS à Marseille

4)       Suite à une remarque de Jacques Bertrand, qui fait part de sa frustration, retour sur l’intervention de Françoise Mariotti en juillet : il est rappelé qu’elle n’avait de toute façon pour objet que de donner de manière nécessairement superficielle un aperçu des différentes approches existant dans le domaine des traitements psychothérapeutiques ou assimilés.

5)       Elie se propose pour présenter un exposé sur la Kabbale en mai ou en juin

6)       Bibliographie : sont présentés

-          le dernier livre de Broch et Charpak « Gourous, sorciers et savants » Editions Odile Jacob

-          « les Faiseurs de pluie » Tim Flannery  Editions Héloïse d’Ormesson (en lien avec le thème du jour)

-          Suzel Fuzeau-Braesch « Pour l’astrologie » LGDM

-          « 100 petites expériences en psychologie du consommateur » Nicolas Guéguen Dunod

-          Edouard Launet : « Au fond du labo à gauche » Seuil

 

Intervention de Michel Galtier sur le thème du changement climatique

Sources : la Recherche, plusieurs numéros spéciaux et des dossiers dans les numéros ordinaires

 

 

Bibliographie :

La recherche : N° 399 07/07/2006 – N° spécial 243 de mai 1992 « l’effet de serre »

Les dossiers de la recherche : spécial sur le risque climatique n° 17 nov/déc 2004/01-2005

Voici la trame de son exposé :

CERCLE  ZÉTÉTIQUE  DU  LANGUEDOC  ROUSSILLON

 

Quelques questions à propos de climat :

 

 

- Le climat est il en train de changer ?

 

Il existe plusieurs indicateurs montrant le réchauffement du climat depuis l’ère industrielle, comme par exemple l’évolution des glaciers. Les plus simples sont les relevés de température. Toutefois la détermination d’une température moyenne à la surface de la terre n’a pu être faite que depuis 150 ans environ.

Les résultats de ces indicateurs, c’est que nous sommes depuis le 18 ° siècle dans une phase de réchauffement, mais que cette tendance s’accélère clairement depuis une trentaine d’années.

 

- Quelle est la responsabilité de l’espèce humaine dans cette affaire ?

 

Elle n’est pas très facile à établir, parce que la science de l’évolution du climat en est encore à ses balbutiements. Si on sait reconstituer assez bien le climat au cours des derniers 500000 ans, grâce à l’analyse des glaces fossiles, on est encore loin d’avoir des modèles validés des mécanismes de l’évolution du climat. Par contre, ce qui est indéniable, c’est l’augmentation très récente de la concentration en gaz carbonique de l’atmosphère. Cette concentration est actuellement nettement supérieure à toute concentration observée depuis 400000 ans. Ce que l’on sait aussi, c’est calculer l’élévation de température de l’atmosphère associée à cet apport de gaz carbonique. Le résultat c’est que la moitié au moins de l’évolution du climat peut être reliée à cette augmentation de la quantité de gaz carbonique. Par ailleurs, on sait très bien que le gaz carbonique résulte majoritairement de l’activité humaine. (Chauffage, transport, centrales thermiques)

 

- Que peut on prévoir dans le futur à court et moyen terme ?

 

Un certain nombre de conséquences sont déjà prévisibles à court et moyen terme, c'est-à-dire pour les 50 prochaines années. Elles concernent :

                - Les modifications du climat avec en particulier pour ce qui nous concerne un climat plus contrasté. (Plus de canicules, mais aussi plus de précipitations et d’orages violents)

                - Des changements sur la flore et l’agriculture. De ce point de vue, certaines régions de la terre vont être plutôt bénéficiaires (Canada, Russie, Etats-Unis) alors que d’autres seront pénalisées (Amérique latine, Afrique de l’ouest, Sahel …)

                - D’une manière générale réduction de la biodiversité

                - Elévation du niveau des océans, avec sans doute la disparition de certaines îles.

Mais ceci traduit des changements quantitatifs correspondants à une évolution continue. Il n’est pas impossible que des modifications brutales soient produites par des « catastrophes », c'est-à-dire des phénomènes qualitativement nouveaux. Par exemple :

                - L’arrêt du Gulf Stream qui pourrait conduire à un refroidissement brutal de la façade atlantique de l’Europe.

                - Le ralentissement de la photosynthèse de la forêt tropicale avec la réaction en boucle d’un arrêt du stockage du gaz carbonique par les végétaux.

                - La libération du méthane stocké dans les océans. Il se trouve en effet qu’une quantité très abondante de méthane est stockée sous forme de clathrates. L’élévation de température des océans pourrait conduire à la libération de ce méthane, avec deux conséquences possibles non incompatibles : La première est la formation de mélanges gazeux explosifs dans l’atmosphère, la seconde le renforcement de l’effet de serre par ce méthane qui est bien plus efficace que le gaz carbonique à ce sujet.

                Toutes ces catastrophes se sont déjà produites au cours du dernier million d’années.

 

 

- Y a-t-il quelque chose à faire ?

               

Les possibilités d’action sont de deux nature, soit limiter l’émission des gaz à effet de serre, soit agir sur le climat.

Le protocole de Kyoto est une importante tentative de coopération internationale dans ce sens, malheureusement contrecarrée par le comportement des Etats-Unis. La possibilité d’un stockage géologique du gaz carbonique est aussi envisagée. Il est triste de penser que la raréfaction du pétrole, ou au moins l’augmentation de son coût sera la seule raison efficace d’une diminution de sa consommation.

Parallèlement, certains scientifiques commencent à penser sérieusement à des actions directes sur le climat. Elles sont encore dans le domaine de l’imagination.

Par exemple il est envisagé de vaporiser des millions de tonnes de soufre dans l’atmosphère. Ce soufre créerait un nuage de particules de sulfate qui diffuserait une partie de la lumière solaire, et donc refroidirait l’atmosphère.

Une autre idée est d’améliorer la synthèse chlorophyllienne du phytoplancton par des apports de fer et de nitrate.

 

 

 

Quelques nombres

 

 

Quantité de CO2 dans l’atmosphère                 500 milliards de tonnes

Emission de CO2 dans les pays industrialisés  10 T /an/hab.

Emission de méthane                                                            50 kg/an/hab.

Déchets radioactifs (France)                                          1kg/an/hab.

 

Elévation du niveau de la mer depuis 1990     2.8 mm/an

 

Recul du littoral des îles Samoa                         45 cm/an

 

Variation du taux de CO2 de 1850 à 2004      + 35%

 

Fonte des glaciers du Caucase en 100 ans       50%

 

 

 

Prochaine réunion : Samedi 14/10 même heure, même lieu.

 

Ordre du jour :

-          organiser le déplacement au Colloque du GEMPPI à Marseille

-          Ecouter l’intervenant sollicité par E N qui nous parlera des OGM Il s’agit de : Dr. Philippe Joudrier, Directeur de Recherche à l'INRA, Directeur-adjoint de l'UMR (INRA-CIRAD-ENSAM-UMII) PIA (pour Polymorphisme
d'intérêt agronomique). L'essentiel de sa carrière a consisté à utiliser les outils de la biochimie et de la biologie moléculaire afin d'appréhender certains mécanismes du vivant et de tenter de les mettre au service de l'amélioration des plantes.

 

 

 

 

Cercle Zététique du Languedoc-Roussillon

 

Réunion du samedi 14/10/2006

 

 

Excusés : M B – E N – M G – F M – L P

 

Présents : M B. M G– J-L B – C P– A N – M B – J B – J F

Ainsi que : M R – L B– P M (trois personnes rencontrées lors de la Journée des Associations de Montpellier, qui nous ont fait l’amitié d’être présentes ce jour-là ; nous espérons que leur participation se confirmera).

 

Le thème du jour était : les OGM (ou que faut-il en penser ?), avec une présentation de M. Joudrier, Directeur de Recherches à l’INRA. Cf ci-après.

Thème du jour : les OGM

 

M. Joudrier rappelle d’abord le contexte de la polémique, assez largement alimentée par les campagnes de Greenpeace.

 

Suit ensuite un exposé à la fois très riche et très pédagogique, présenté sous forme de diapositives Power Point, que M. Joudrier a bien voulu me faire parvenir par mail. Au prix d’un peu de travail de remise en forme, voici cet exposé, malheureusement sans les quelques illustrations, que j’ai du mal à faire entrer dans le format Word. J-L B

 

Cet exposé a été entrecoupé de quelques échanges qui ressortent ici en encadré, d’où l’on peut conclure entre autres qu’un échange sur l’« agriculture biologique : réalité, préjugés et représentations » (la formulation est de moi J-L B) pourrait tout à fait entrer dans nos thèmes. A discuter lors d’une prochaine rencontre.

 

LES OGM

 

POURQUOI ?

         EVALUATION                                                              

         APPLICATIONS

         REGLEMENTATION           

         ELEMENTS POUR UN DEBAT

 

Par Philippe JOUDRIER                                    

Directeur de Recherche à l’INRA                                    

joudrier@ensam.inra.fr                                                    

                                                              

Note : les documents du GNIS sont tirés de l’ouvrage :

« Les biotechnologies : de nouveaux horizons pour l’amélioration des plantes ».

 

Pourquoi les OGM aujourd’hui ?

 

Historique

Tout au long de l’histoire de l’humanité, les plantes ont été modifiées d’une manière ou d’une autre.

Les plantes que nous consommons sont très éloignées des plantes sauvages à partir desquelles elles dérivent par sélections successives.

De plus, elles seraient sans doute incapable de survivre sans l’intervention de l’homme (il en est de même pour tous les animaux d’élevage).

Ce qui a changé au cours des siècles, ce sont les techniques utilisées pour modifier génétiquement les plantes.


 

Pourquoi améliorer ? (1)

L’Homme doit, en permanence, adapter les plantes qu’il cultive face à un environnement changeant lié aux :

                Agressions biotiques :                           virus, bactéries,

                                                                              Champignons,

                                                                              Vers,

                                                                              Insectes…

                Agressions abiotiques :                          températures (froid, chaud)

                                                                              Eau (excès, manque)

                                                                              Sels, métaux, sols pauvres…

* Mais pour aussi améliorer les caractéristiques agronomiques (itinéraires techniques).

 

Pour répondre aux exigences d’utilisation et à l’évolution des techniques de fabrication.

 

Exemple : deux espèces principales de blé sont cultivées :

 

Le blé dur (Triticum durum) principalement utilisé pour

La fabrication des pâtes alimentaires,

 

Le blé tendre (Triticum aestivum). De nombreuses variétés sont

Cultivées pour répondre à différentes utilisations :

                * variétés impanifiables (alimentation du bétail)

                * variétés panifiables

                * variétés biscuitières

                * variétés adaptées à des produits spéciaux : biscottes,

                Pâtisseries, …

 

Exemples d’améliorations

Exemples d’améliorations agronomiques :

Modification de la précocité, de la taille et/ou de la maturité de

   Beaucoup de plantes.

Tolérance à un herbicide (!)

Résistances aux stress biotiques (champignons, bactéries, virus,

   Insectes…) et abiotiques (températures, sels, eau -/+…).

Le rendement moyen du blé a augmenté de 1q/ha/an depuis 1950

 

Exemples d’amélioration des qualités d’utilisation :

Suppression de l’acide érucique chez le colza

Adaptation de plantes d’autres origines à nos conditions

  climatiques (pomme de terre, maïs, …kiwi)

Amertume des endives,

Concombre sans pépin, consistance,

Raisin sans pépin,

Teneur en sucre de divers fruits (melon notamment).

 

Les étapes de la génétique

1860                   Mendel : établit les bases de l’hérédité des caractères

1920                   Découverte de la vigueur hybride

1950                   Mutagenèse induite

1960                   Sauvetage d’embryons

1980                   Transformation des plantes & OGM

2000                    Génomique/protéomique

 

Techniques d’amélioration des plantes

 

lLa sélection massale

lLa sélection raisonnée basée sur la génétique mendélienne

lLes hybridations interspécifiques

lLa mutagenèse

lLa culture in vitro (sauvetage d’embryons, variations somaclonales)

lLa fusion de protoplastes

lLa transgénèse

 

Techniques d’amélioration futures

Le TILLING = Targeting Induced Local Lesions IN Genomes

 

                Technique basée sur la mutagenèse et couplée aux   informations actuellement disponibles sur les gènes identifiés             pour avoir une responsabilité sur un caractère donné.

 

 

Chromosome artificiel :

                Il s’agit d’ajouter un chromosome artificiel dans le patrimoine génétique d’une plante. Celui-ci serait toujours le               même (constitué de séquences d’ADN non-codantes) excepté le (ou les) gène(s) d’intérêt inséré(s).

 

Temps nécessaire pour faire une nouvelle variété

Sélection traditionnelle :                               10-12 ans

Travail long, résultat aléatoire

 

Utilisation des biotechnologies :

Culture in vitro, Haplodiploïdisation              7-8 ans

Résultat aléatoire

 

Transgénèse                                                                2-4 ans

 Résultat assuré

 

 

 

Le Comité Technique Permanent de la Sélection (CTPS)

 

Il est en charge d’évaluer toutes les nouvelles variétés (= lignées) proposées par les compagnies semencières.

 

L’évaluation est confiée au GEVES = Groupe d’étude des variétés et des semences.

Cette évaluation est réalisée sur deux années (essais aux champs) et consiste à faire les évaluations suivantes :

              Vérifier la  « Distinction, Homogénéité, Stabilité » (= D.H.S.)

              Vérifier la « Valeur Agronomique et Technologique » (=V.A.T.)

 

Chaque année le GEVES évalue de très nombreuses « futures » variétés : seules celles franchissant les épreuves DHS/VAT sont, ensuite, proposées au CATALOGUE DES ESPECES CULTIVEES.

C’est le Ministre de l’Agriculture qui décide de leur inscription sur proposition du CTPS.

Chaque année, de 300 à 400 nouvelles variétés sont inscrites au catalogue. Par exemple, en 2002, 32 nouvelles variétés de betterave ont été inscrites.

 

LA TRANSGENESE

 

Transgénèse naturelle

 

La transgénèse n’est pas une « invention » de l’homme, la Nature sait la faire depuis très longtemps :

 

Les virus en sont certainement les spécialistes.

 

Les bactéries et notamment celles qui sont utilisées pour faire les plantes génétiquement modifiées, la font également depuis longtemps.

 

Dans ces deux cas, la transgénèse permet le transfert de quelques gènes.

 

Les hybridations entre espèces en sont une autre forme. Dans ces cas, ce n’est plus quelques gènes qui sont transférés mais un génome entier.

 

DEFINITION DES OGM

 

Un organisme génétiquement modifié (OGM) est un organisme vivant (micro-organisme, végétal ou animal) chez lequel on a introduit intentionnellement une modification de son patrimoine génétique initial.

Celle ci peut se caractériser par l’ajout d’un gène (cas le plus fréquent), mais également par l’ajout d’une séquence d’ADN conduisant à la suppression de l’expression d’un gène.

Pour la réaliser, on effectue une opération appelée : transgénèse

(Elle peut s’effectuer sur des lignées germinales ou somatiques).

 

AINSI, UN MAÏS GENETIQUEMENT MODIFIE

RESTE ET EST TOUJOURS UN MAÏS

ON NE CREE PAS UNE NOUVELLE ESPECE

 

 

EVALUATION DES OGM

 

Les MGM

Les PGM

 

Evaluation des OGM

 

A ce jour, il a été possible de modifier par transgénèse           

plusieurs Règnes d’organismes vivants.

               

                S’il s’agit de :

Micro-organismes, on parlera de : MGM

 

Plantes, on parlera de : PGM.

 

Animaux, on parlera d’: AGM

 

                D’autres terminologies utilisent le sigle :  OVM =

                 Organismes Vivants Modifiés.

 

Evaluation des PGM

 

Trois commissions en France sont en charge du suivi et de l’évaluation des OGM :

 

La Commission du Génie Génétique : CGG

 

La Commission du Génie Biomoléculaire : CGB

 

L’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments : AFSSA

 

Pour l’Europe, il s’agit de l’EFSA (European Food Safety Agency)

Aux USA = USDA, EPA, FDA

 

Noter qu’un dossier déposé à l’AFSSA fait de 1000 à 4000 pages

 

 

 

Instances réglementaires

 

EVALUATION DES NOUVELLES VARIETES

 

 

 

TRADITIONNELLES TRANSGENIQUES

                                              

                                                               ESSAIS CONFINES :              CGG

                                                               DISSEMINATION :                 CGB

                                                               SECURITE ALIMENTAIRE : AFSSA

 

 

      COMITE TECHNIQUE PERMANENT DE LA SELECTION

                2 ANNEES D’EVALUATION AU CHAMP (DHS, VAT)

 

                Autorisation de mise sur le marché des semences et

                                               des produits de récolte

AFSSA :
Commissions d’experts spécialisés

Nutrition humaine

Microbiologie

Biotechnologie

Résidus et contaminants chimiques et physiques

Alimentation animale

Additifs, arômes et auxiliaires technologiques

Santé animale

Matériaux au contact des denrées alimentaires

Eaux

Encéphalopathies subaiguës spongiformes transmissibles

  (ESST)

http://www.afssa.fr

 

AFSSA :
COMMISSION BIOTECHNOLOGIE

Champ de compétence des experts :

         Allergologie

         Biochimie, Génie génétique

         Connaissance des pratiques culturales (rotation des           cultures, traitements)

         Génétique des plantes

         Microbiologie

         Nutrition animale

         Préparations enzymatiques

         Procédés technologiques, génie de la fermentation

         Toxicologie alimentaire

         Transgénèse végétale et animale, OGM

         Autres

 

 

AFSSA LD* OGM

Lignes directrices préparées par l’AFSSA.

1          Information relative à la modification génétique

               

1.1          Description des méthodes utilisées pour la modification génétique

               

1.2          Nature et source du vecteur utilisé

               

1.3          Taille et fonction attendue de chaque fragment de la région insérée, source de l'organisme donneur

*LD = lignes directrices

 

2 Information relative à la plante génétiquement modifiée (plantes GM)

                2.1          Description du ou des caractères et caractéristiques de ce qui a été introduit ou modifié

                2.2          Informations relatives aux séquences insérées ou     délétées

 

2.2.1       Taille et structure de l'insert et méthodes utilisées pour sa caractérisation, y compris les informations sur les parties du vecteur introduit dans la plantes GM ou tout ADN étranger ou ‘porteur’ restant dans la plante.

 

2.2.2       En cas de délétion, taille et fonction de la région délétée,

2.2.3       Nombre de copies de l'insert,

2.2.4       Localisation de l'insert dans les cellules végétales (intégré   dans le chromosome, chloroplaste, mitochondrie ou maintenu sous une forme non intégrée) et méthodes de détermination,

2.3          Information relative à l'expression du (des) gène(s) inséré(s)

            2.4          Stabilité génétique de l'insert et stabilité phénotypique de la plante GM.

            2.5          Evaluation du risque liés aux gènes insérés (capacité de la     plante GM à transférer du matériel génétique à d'autres                 organismes.

 

3.            Evaluation des risques alimentaires pour l'homme et               l'animal de la plante génétiquement modifiée

 Recommandation générale : l'évaluation du risque d'un nouvel OGM dans tous ses aspects se fera toujours par comparaison avec la plante ou ses produits issus d'un référentiel approprié (conventional counterpart, ou produit "isogénique").

            3.1          Description du produit et utilisation prévue

            3.2          Origine des produits de gènes utilisés pour faire l'évaluation de risque

            3.3          Evaluation des modifications potentielles dans le       métabolisme de la plante GM

3.4          Evaluation de la composition nutritionnelle et des modifications inattendues (concentration en nutriments, facteurs anti-nutritionnels et substances toxiques).

3.5          Evaluation de la toxicité du produit de gène

3.6          Evaluation de la tolérance sur l'animal de l'aliment produit à partir de la plante GM

            3.7          Dégradation dans le tube digestif

             3.8          Evaluation du potentiel allergène

 

EVALUATION

Toxicités aiguë et chronique                               oui                                         non

Recherche de toxines                                           oui                                         non

Test de carcinogénèse                                         oui                                         non

Test de clastogénèse                                             oui                                         non

Test de mutagénèse                                               oui                                         non

Test de génotoxicité                                               oui                                         non

Allergénicité potentielle évaluée                         oui                                         non

Microéléments (oligoéléments)                          oui                                         non

Macroéléments (protéine, lipides sucres)        oui                                         partiel

Teneur en métabolites particuliers                    oui                                         parfois

Tolérance et valeur alimentaire                           oui                                         non

 

Date de floraison                                                     oui                          pas systématiquement

Quantité de pollen                                                   oui                                         ‘’

Croisement avec plantesapparentées               oui                                         ‘’

Persistance des graines dormantes                   oui                                        ‘’

Résistance aux stress                                            oui                                        ‘’

 

Noter que le coût minimum d’un test de toxicologie chronique est d’environ 1 million d’€

 

 

Composition biochimique :
éléments analysés

Matière sèche, teneur en cendres,

Parois cellulaires, Fibres digestibles (NDF, ADF),

Protéines, acides aminés,

Lipides : acides gras,

Sucres : amidon (amylose, amylopectine), fructose, glucose, saccharose,

Glycoalkaloïdes : chaconine, solanine, …,

Micro-éléments : Na, K, Ca, Mg, P, Fe, Zn, Cu, Mn, Cd…,

Nitrates,

Vitamines,

Métabolites secondaires : Acide Phytique, chlorogénique, férulique, inositol, raffinose, acide p-coumarique…,

De manière systématique sur plusieurs : échantillons, sites et années de culture…!

 

CONCLUSION

* PARADOXALEMENT, IL N’Y A RIEN DE PLUS SÛR QU’UN OGM MIS SUR LE MARCHE.

 

* LA DEMARCHE SCIENTIFIQUE ET INTELLECTUELLE DEVRAIT CONDUIRE A UNE EVALUATION SIMILAIRE DE TOUTES LES PLANTES MISES SUR LE MARCHE ET DESTINEES A L’ALIMENTATION HUMAINE OU ANIMALE.

 

* OR, CE N’EST PAS LE CAS POUR LES NOUVELLES VARIETES OBTENUES PAR TOUTES LES AUTRES VOIES DE LA SELECTION TRADITIONNELLE, Y COMPRIS CELLES UTILISANT LA MUTAGENESE (dont le TILLING).

 

 

APPLICATIONS DE LA TRANSGENESE

 

LE GENIE GENETIQUE EN AGRICULTURE

* IL CONSTITUE UN FORMIDABLE OUTIL DE CONNAISSANCE POUR LA RECHERCHE BIOLOGIQUE

 

                  

* IL A DEJA PERMIS ET PROMET DES APPLICATIONS NOMBREUSES POUR L’AGRICULTURE DE DEMAIN

 

Applications pour l’environnement

moins d’intrants (réduire l’utilisation des pesticides, valorisation de l’utilisation de l’azote…),

 

résistances/tolérances aux stress biotiques et abiotiques

(maladies fongiques… ; tolérance à la sécheresse, les sels, les métaux lourds), vigne GM résistante au court noué.

animaux et plantes pouvant être modifiés pour agir comme

des biosenseurs et capables de détecter des matériaux dangereux

dans l’environnement.

 

Exemples : * des bactéries ont été modifiées et sont sensibles au                          TNT ;

                       * modification du poisson Zèbre pour détecter des                                             polluants comme la dioxine ou les PCB.

 

Applications pour l’alimentation

Obtention de plantes plus « machinables » (food processing).

                Production d’auxiliaires technologiques (chymosine) (p.m.)

               

Qualité et quantité des protéines :

                * amélioration de la teneur en lysine

                * « High quality protein rice »

                * pomme de terre avec teneur accrue de protéine

Qualité et nutrition :

                * Augmenter la teneur de certaines substances :      vit A                       (riz doré), vit E,

                * modifier la composition des huiles, en acides gras                                    (oméga-3)

                * modifier le rapport amylose/amylopectine de l’amidon,

                * oligo-éléments (fer « high iron rice », zinc…),

                * sulphoraphane du brocoli, lycopène de la tomate.

                * …

 

 

 

Applications en pharmacie

Fabriquer des médicaments :

 

Vaccins : contre E. coli, le choléra, l’hépatite B, d’autres virus

Hormones (hormone de croissance, insuline).

Protéines du sang : fibrinogène, IgG, hémoglobine, albumine.

Production de protéines stimulant la réponse immunitaire.

Production de protéines ou enzymes pour des tests de diagnostic

Production d’élastine, de collagène, de kératine, lyzozyme,

Interleukines, de lipase (mucoviscidose).

« Plantibodies », anticorps fabriqués par les plantes (contre la

carie dentaire, le virus de l’herpès).

 

Alicaments : plantes vaccins

 

Applications pour l’industrie

Acides gras et huiles modifiés en vue de faire des biocarburants.

Acides aminés modifiés pour faire des plastiques biodégradables.

Production de protéines d’intérêt : soie d’araignée.

Production d’amidons différents (colles, gels, papiers…).

Production de fibres.

Peuplier avec une teneur en lignine réduite (moindre utilisation

  de produits chimiques pour fabriquer le papier).

 

Cas concrets de réalisations

Protection des plantes :

En 2002, le maïs Bt a permis d’éliminer les pertes dues aux attaques de la pyrale qui pouvaient s’élever à 7.62 Mt par an.

Protection de l’environnement :

Les agriculteurs chinois ont consommé en moyenne 10kg/ha d’insecticides contre 58kg/ha pour les variétés conventionnelles.

Bénéfices économiques :

Aux US, les agriculteurs reçoivent 42% des bénéfices liés à l’adoption du coton Bt et 76% de ceux relatifs aux soja tolérant à un herbicide.

Bénéfices pour la santé et l’industrie :

Réduction de la teneur de mycotoxines (fumonisine du maïs Bt)

Production de vaccins ou protéines sanguines indemnes de virus

Amélioration de la qualité nutritive (golden rice)

Réduction de l’allergénicité du riz

Production de papier à teneur réduite en lignine

 

REGLEMENTATION

 

Liste de textes législatifs

23/04/1990 : DIRECTIVE 90/220/CE

18/06/1997 : DIRECTIVE 35/97/CE

26/11/1997 : MODIFICATION DE LA 220/90/CE

15/05/1997 : règlement 258/97/CE (NOVEL FOODS)

26/05/1998 : règlement 1139/98/CE  

(Abrogation du règlement 183/97/CE DU 01/11/1997)

10/01/2000 : REGLEMENT 49/2000/CE : complète 1139/98 en définissant un niveau de tolérance (1%).

10/01/2000 : REGLEMENT 50/2000/CE additifs et arômes alimentaires

18/2001/CE : Directive : Utilisation d’OGM pour l’alimentation animale

15/07/2003 : REGLEMENT 1946/2003 commerce des OGM

22/09/2003 : REGLEMENT 1829/2003 : denrées alimentaires  (H & A)

22/09/2003 : REGLEMENT 1830/2003 : traçabilité et étiquetage (modifie 18/2001), Seuil  baissé à 0.9%.

 

Règlement Nouveaux aliments 258/97

Sept catégories d’aliments concernés :

 

*Les OGM (sans transformation technologique)

*Les aliments contenant des OGM

*Ceux produits à partir d’OGM mais n’en contenant pas

*Ceux avec une structure moléculaire primaire nouvelle et modifiée

*Ceux composés de micro-organismes, champignons, algues

*D’autres aliments végétaux ou animaux, sauf ceux dont les antécédents sont connus en tant que denrées alimentaires

*Les aliments obtenus par un nouveau procédé de production

(ce qui peut induire une modification de la valeur nutritive,

du métabolisme ou de la teneur en substances indésirables)

 

Ce règlement ne s’applique pas aux additifs et aux arômes.

ETIQUETAGE DES OGM
ET
DES PRODUITS DERIVES

FONDEMENT DE L’ETIQUETAGE

 

* TRANSPARENCE SUR L’ORIGINE DES PRODUITS

* LOYAUTE DES TRANSACTIONS COMMERCIALES

* QUALITE DE L’INFORMATION POUR LE CONSOMMATEUR

 

 

ETIQUETAGE DES OGM

AUCUN PRODUIT QUI CONSISTE D ’OGM, EN CONTIENT OU EN EST DERIVE NE PEUT ETRE AUTORISE A LA COMMERCIALISATION SANS AVOIR SUBI AU PREALABLE UNE EVALUATION CONCERNANT SA SURETE.

 

SURETE ET ETIQUETAGE SONT DONC

DEUX ASPECTS QU’IL FAUT BIEN DISTINGUER

 

DEVELOPPEMENT DES METHODES DE DETECTION

LES NOUVELLES REGLEMENTATIONS NECESSITENT LA

MISE AU POINT DE METHODES PERMETTANT DE

DETECTER LES OGM et NOTAMMENT DANS LES CAS

SUIVANTS :

 

* CERTIFICATION DE SEMENCES

   DE VARIETES GM

* POLLINISATION DE CULTURES PAR

   DU POLLEN GM

* TRANSFORMATION DES RECOLTES

   A PARTIR DE VARIETES GM

 

PRINCIPES DE DETECTION POSSIBLES

       * TRAÇABILITE FONDEE SUR L’ORIGINE

             DU PRODUIT

 

 

       * DETECTION DE PROTEINE(S) CODEE(S)          PAR LE(S) TRANSGENE(S)

           

 

       * DETECTION DE L’ADN EXOGENE

 

 

Où trouve t-on des produits issus d’OGM ?

Selon Greenpeace, on peut en trouver dans les catégories de produits suivants :

 

Biscuits apéritifs                                              oui (2)

Desserts et glaces                                            oui (3)

Biscuits et gâteaux                                          oui (2)                   

Céréales                                                          non

Confiseries et friandises                                  non

Chocolat                                                          oui (1)

Plats cuisinés et pâtes                                     oui (5)

Aliments pour bébés                                       non

Boissons                                                          non

Huiles, margarines                                          non

Aliments pour chiens et chats                          oui (2)

 

ELEMENTS DU DEBAT SUR LES OGM

DONNEES CHIFFREES

SUPERFICIES

2001 : 52.6 M Ha cultivés par 5 M d’agriculteurs dans 13 pays (= le double de la surface agricole utile française).

2002 : 58.7 M Ha cultivés par 5.5-6 M d’agriculteurs dans 16 pays

De 1996 à 2002, la surface dédiée aux PGM a augmenté de 35 fois

27% des 58.7 M d’Ha concerne des PED

2002 : 99% de la surperficie mondiale de PGM concerne 4 pays.

CULTURES DE :                 SUPERFICIES TOTALES                                EN PGM

SOJA                                    72 M Ha                                                               51%

COTON                                34 M Ha                                                               20%

pour la première fois, plus de la moitié de la population mondiale vit dans des pays où les PGM sont acceptées et cultivées.

2003 : 67.7 M Ha = 167 M acres (15% d’augmentation). 6 pays concernés : USA, Argentine, Canada, Brésil, Chine, Afrique du Sud.

2004 : 81 M Ha = 20% d’augmentation : 17 pays concernés

2005 : 90 M Ha = 11% d’augmentation.

 

Pays cultivant des OGM

Amériques : Canada, USA, Mexique, Honduras, Costa Rica, Colombie, Brésil, Uruguay, Argentine.

Europe : Espagne, Allemagne, Roumanie, Bulgarie, (France : environ 5000 ha cette année)

Asie : Japon, Chine, Philippines, Inde, Indonésie,Corée, Thaïlande, Malaisie, Australie

Afrique : Afrique du sud

Note : pour la 7ième année consécutive, les superficies des OGM ont un taux de croissance à deux chiffres au niveau mondial.

 

 

 

Les risques et les réponses

  Dissémination des gènes dans l’environnement: dissémination égale pour tout génotype, GM ou pas.

 

Apparition de résistances : a priori, identique à la sélection traditionnelle

Alimentaires : pris en compte lors de toxicologiques, allergènes l’évaluation

 

Les effets à long terme : tenir compte de la durée de vie d’une variété

 

Diminution de la biodiversité : pas différente de la sélection traditionnelle

Les effets inattendus : mise en place d’une biovigilance

 

Dissémination dans l’environnement

Pollinisation croisée avec une espèce identique ou très apparentée (y compris sauvage) :

                * Il faut tenir compte d’au moins deux facteurs : la compatibilité entre deux plantes apparentées de se croiser (systèmes génétiques d’incompatibilité éventuels, dates de floraison quasi identiques = précocité)

                * La faculté germinative du grain de pollen (elle est en général limitée dans le temps : quelques heures pour le pollen de maïs)

 

Nombreuses études faites : FSE/UK et INRA par exemple.

                Selon le rapport de la CGB (28 Nov. 2003) : la fréquence d’hybridation entre le colza et la ravenelle se situe entre 

                3.10-5 à 10-7.

 

Au sein de l’entomofaune et de l’entomoflore :

                               celles environnantes et celles du sol

                Nombreuses études n’arrivant pas à mettre en évidence un transfert horizontal quelconque.

                Il peut y avoir modifications des rapports entre populations bactériennes, par exemple, dans le sol. Mais ces variations ne sont pas différentes de celles que l’on observe avec n’importe quelle culture !

 

Noter que :

1)       on parle, et ce n’est pas un hasard, de contamination et non de dissémination

2)       Problèmes de dissémination et des distances de séparation: exemple du maïs. 95% du pollen tombe dans les 5m. La faculté germinative du grain de pollen est de 2h. La fécondation ne peut s’opérer que sur un autre champ de maïs et de maïs seulement. La production de pollen s’effectue dans une fourchette de temps très courte (quelques jours). Le maïs n’est jamais resemé.

3)       Colza : problème de dissémination est + important (dans le meilleur des cas on peut avoir 2% de contamination).

 

 

Les idées fausses sur les OGM (1)

   Risque de transfert d’un gène de résistance aux antibiotiques

   TRES TRES FAIBLE (= 10-27)

 

   Risque accru d’allergies :

   FAUX

   (Exemples de la noix du Brésil et du maïs Starlink)

 

    Risque pour le papillon « Monarch »

FAUX

 

Idées fausses colportées sur les OGM,

Source : « Capital » octobre 04 (n°156).

 

1) Les OGM sont dangereux pour la santé humaine :               FAUX

2) Les essais vont faire proliférer les OGM dans la nature :      FAUX

3) Avec les OGM, il faut augmenter la dose de pesticides :      FAUX

4) Les OGM placent les paysans sous le joug des industriels :  FAUX

5) Les rendements des cultures OGM sont très décevants :       FAUX

6) Les OGM ne vont pas faire reculer la faim dans le monde :  LE PROBLEME NE SE POSE PAS DANS CES TERMES

7) Les OGM vont détruire la faune et la flore sauvage :             FAUX

 

Noter que : Les tests biochimiques effectués sur des OVM sont beaucoup plus importants que pour des produits conventionnels.

Exemple : on teste la solanine, on ne le fait pas sur des produits obtenus par sélection conventionnelle. Cas d’une pomme de terre créée par sélection traditionnelle, mise sur le marché en Suède, qui s’est révélée toxique par excès d’alcaloïdes et a dû être retirée de la production.

 

Arrêtons de crier au loup !

Depuis l’origine du débat sur les OGM, de nombreuses données scientifiques continuent à s’accumuler qui, toutes, démontrent que les risques, mis en avant par certains, sont infondés.

 

Par ailleurs, d’autres études montrent que les plantes résistantes aux insectes ou aux herbicides ou à la sécheresse, ou ayant une teneur améliorée en vitamines conduisent à des bénéfices réels pour l’agriculteur, pour l’environnement (moins de pesticides, faune moins affectée) et pour le consommateur.

 

Avec 20 années d’existence des PGM (dont 10 ans à grande échelle), il n’est pas possible d’authentifier un seul cas de préjudice envers l’homme ou la vie sauvage lié à leurs cultures.

 

 

 

Questions fréquentes de sécurité alimentaire

Je ne sais pas ce que je mange !

 

Est-ce que cet aliment est sûr ?

 

Est-ce que ces aliments sont bien testés ?

 

Y-a t-il des toxines et/ou des allergènes ?

 

Pourquoi ne pas les étiqueter ?

 

Quid du gène de résistance à un antibiotique ?

 

Les effets à long terme ne sont pas connus ?

 

Y-a t-il un gène de “poisson” dans mes fraises ?

 

Toxines et alimentation

Il n’y a pas de risque zéro !

 

Nous consommons 10,000 toxines naturelles chaque jour !

Le café contient 1000 substances chimiques. Sur 27 testées, 19 sont carcinogènes chez le rat !

- Les pommes de terre, le céleri, les haricots, les pêches,  les semences, le manioc, les semences, les cacahuètes, les céréales… présentent des risques.

 

Bilan global des PGM

1.Les aliments issus de PGM sont aussi sûrs que leur contrepartie conventionnelle et il y a, à terme, une promesse qu’ils seront meilleurs sur le plan nutritionnel.

2.Pour certaines des PGM, l’impact environnemental est similaire ou même moindre que l’agriculture conventionnelle.

3.La transgénèse est un outil important pour le sélectionneur

4.Cette technologie peut résoudre des problèmes qui ne peuvent l’être par les voies conventionnelles.

5.Les bénéfices seront, à terme, partagés par toute la chaîne : semenciers, agriculteurs, consommateurs.

 

 

 

En savoir plus

http://www.inra.fr/internet/projets/génomique

                               Que fait la recherche publique dans ce secteur.

 

http://www.isaaa.org

International Service for the Acquisition of Agro-biotech Applications

Statistiques annuelles sur la situation des PGM dans le monde.

 

http://ncfap.org

National Center for Food and Agriculture Policy (ONG) : informations pédagogique et objective sur les biotechnologies

 

http://europa.eu.int/comm/food/fs/gmo/gmo_index_fr.html

                Accès à la réglementation européenne en matière de biotechnologies végétales

 

http://www.agriculture.gouv.fr/alim/ogm/welcome.html

                               site du ministère de l’agriculture et de la pêche.

 

http://www.recherche.gouv.fr                               : site Ministère de la Recherche

http:/www.afssa.fr                                                 : site de l’AFSSA

http://www.gnis.pedagogie.org                             : site du GNIS 

 

Arôme artificiel de fraise

Il contient plus de 50 molécules différentes : 

amyl acetate, amyl butyrate, amyl valerate, anethool, anisyl formate, benzyl acetate, benzyl isobutyrate, benzyl acid, butyric acid, cinnamyl isobutyrate, cinnamyl valerate, cognac essential oil, diacetyl, dipropyl ketone, ethyl butyrate, ethyl cinnamate, ethyl heptanoate, ethyl heptylate, ethyl lactate, ethyl methylphenylglycidate, ethyl nitrate, ethyl propionate, ethyl valerate, heliotropin, hydroxyphrenyl-2-butanone (10 percent solution) in alcohol), alpha-ionone, isobutyl anthranilate, isobutyl butyrate, lemon essential oil, maltol, 4-methylacetophenone, methyl anthranilate, methyl benzoate, methyl cinnamate, methyl heptine carbonate, methyl naphthyl ketone, methyl salicylate, mint essential oil, neroli essential oil, nerolin, neryl isobutyrate, orris butter, phenethyl alcohol, rose, rum ether, -gamma undecalactone, vanillin, and solvent.

 

SONDAGES (au Royaume-Uni)

Sur un échantillonnage de 1000 personnes (résultat du test le 14.04.03) :

 

La bière : 90% des anglais ne savent pas qu’elle est faite à partir d’orge

Le yaourt : 20% ne savent pas qu’ils sont fabriqués à partir de lait

Le riz : plus de 10% pensent qu’il est cultivé en Angleterre

Le sucre : 66 % ne savent pas qu’il provient de betteraves cultivées en Angleterre

Les cerises : 33% ne savent pas qu’elles sont cultivées en Angleterre

Tomates/oignons : 10% ne savent pas qu’ils poussent en Angleterre

Moins de 10% savent que les paysans anglais produisent la majeure partie de leur nourriture.

POISONS/MYCOTOXINES

POISONS CONTENUS DANS NOS ALIMENTS

Il existe soit dans les végétaux eux mêmes soit dans les aliments un certain nombre de produits chimiques identifiés comme potentiellement dangereux.

Exemples :

Des alcaloïdes sont présents dans des plantes comme la tomate, la pomme de terre, la famille des courges, le céleri.

Les aliments naturels contiennent des carcinogènes, des pesticides naturels.

Le mode de préparation des aliments (ou lors de leur conservation), peut faire apparaître des produits qui sont des toxiques…:

allylisothiocyanate (moutarde), hydrazines

Des toxines peuvent être présentes et dues à la qualité sanitaire des aliments : mycotoxines par exemple.

 Il n’en reste pas moins que jamais notre alimentation n’a été aussi sûre qu’aujourd’hui

 

MYCOTOXINES

DEFINITION : toxines produites par les champignons.

 

Risques :

Nombreuses pathologies : cancer du foie, hépatite chronique,             jaunisse, cirrhose, lésions des reins

Mutations génétiques dans les cellules humaines et animales

 

Types de mycotoxines :

les aflatoxines (une vingtaine recensées), 4 se retrouvent dans les aliments : B1, B2, G1, G2, 2 dans le lait (M1, M2)

l’ochratoxine A (OTA) : produite par le Pénicillium verrucosum

Les fumonisines, produites par des Fusarium

La zéaralénone (ZEA)

Le dioxyvalénol (DON), un des 150 composants du groupe des trichothécènes

 

Produits alimentaires concernés :

 

Produits végétaux :

                Céréales

                Cacao, café, bière, vin

                Fruits séchés et secs

 

Produits animaux :

                Viande

                Lait

                Œufs

 

Parades : systèmes de contrôle avec dosage des différentes mycotoxines. Retrait des matières premières contaminées. La détoxification est très difficile.

 

 

 

PESTICIDES

Les plantes produisent des toxines pour se protéger de tous leurs prédateurs : virus, bactéries, champignons, vers, insectes…

 

Plusieurs milliers de ces pesticides naturels ont été découverts et chaque espèce a son propre lot comprenant, sans doute, quelques douzaines de toxines.

Lorsque les plantes sont stressées ou attaquées, elles peuvent accroître leur production de pesticides naturels.

Il a été estimé que nous mangeons environ 1.5g de ces pesticides naturels par jour, ce qui représente 10 000 fois ce que nous pouvons manger comme pesticides de synthèse.

 

PRINCIPAUX PESTICIDES NATURELS :

COMPOSES PHENOLIQUES : ACIDE CHLOROGENIQUE …

   FLAVONOIDES ET GLUCOSINOLATES

ISOTHIOCYANATES

CYANIDES

TERPENES

EFFETS POSSIBLES GENERAUX :

 

CARCINOGENESE (possibilité d’induire un cancer)

CLASTOGENESE (possibilité de casser les chromosomes)

MUTAGENESE (possibilité d’induire des mutations)

GENOTOXICITE (possibilité de modifier le système reproducteur)

Sur 1052 produits chimiques testés pour leur effet carcinogène, 52 sont naturels chez les plantes. Parmi ceux-ci 27 sont carcinogènes chez le rat (tests).

On les trouve dans les végétaux suivants :

Fruits : pomme, abricot, banane, jus de raisin, jus d’orange, ananas,…

Légumes : choux, courges, carotte, lentille, laitue, champignons, pois, pomme de terre, radis, sésame, tomate, endive, céleri…

Divers : thé, café, basilique, anis, miel, moutarde…

 

Il est probable que tous les fruits et légumes vendus sur les marchés contiennent des pesticides naturels qui sont des carcinogènes chez le rat.

 

La quantité de ces pesticides naturels dans ces plantes est plusieurs milliers de fois plus importante que celle des pesticides synthétiques.

 

Les aliments cuits sont également une source majeure de carcinogènes potentiels.

 

Le fait de cuire les aliments produit environ 2g (par personne et par jour) de  substances qui contiennent des carcinogènes.

 

Exemple : le Café. On a mis en évidence 826 substances volatiles.

Sur 27 qui ont été testées, 16 produisent des cancers chez le rat. Une tasse de café contient environ 10 mg (40 ppm) de carcinogènes. Cependant, il n’est pas prouvé que ces doses soient un facteur de risque pour l’Homme.

Evaluation des enzymes obtenues à partir de MGM

MGM = Microorganismes Génétiquement Modifiés

 

 

Parution en 2004 d’un guide pouvant servir de lignes directrices (réalisé par l’AFSSA) pour aider à constituer le dossier d’évaluation.

 

Emploi d’enzymes dans la fabrication de denrées ou boissons destinées à l’alimentation humaine

Selon l’arrêté du 05/09/1989 : Une « préparation enzymatique » est un extrait plus ou moins purifié obtenu à partir d’un animal, d’un végétal ou d’un micro-organisme.

 

Elle doit répondre à des critères de pureté :

 

Pureté chimique : seuils de présence fixés pour certains métaux

 

Pureté biologique : seuils de présence fixés pour certains micro-organismes.

 

Emploi d’enzymes dans la fabrication de denrées ou boissons destinées à l’alimentation humaine

Types d’enzymes utilisées :

Hydrolases des glucides simples ou complexes : amylases (7), amylo-glucosidases (2), invertase, glucanases, pectinases, pullulanase, xylanases

Isomérisation du glucose : glucose isomérase (6)

Hydrolases des protéines : papaïne, protéases, chymosine (3)

Hydrolases de lipides : lipases

Hydrolases de différents types de liaison des phospholipides, de cellulose…

 

Au total, dans cet Arrêté, 88 enzymes produites par différents micro-organismes sont autorisées.

 

 

 

Lignes directrices MGM (1)

Eléments constitutifs du dossier à évaluer :

 

1)Définition précise de l’activité enzymatique revendiquée

2)

2)Indications des activités enzymatiques secondaires

3)

3)Démonstration de la sécurité d’emploi (tests toxicologiques par exemple)

4)

4)Devenir de la préparation enzymatique en présence de la matrice alimentaire et argumenter l’absence de tout effet néfaste sur la santé de l’Homme

5)

5)S’assurer de la stabilité des sources et de la reproductibilité des procédés mis en œuvre ainsi que des caractéristiques de la préparation enzymatique.

Dans de nombreux cas, les préparations enzymatiques proviennent de micro-organismes.

Le dossier, présenté selon 5 sections, doit comprendre :

 

A)Des données administratives,

B) Données techniques :

Composés actifs de la préparation enzymatique

•• Organisme de production

•• Procédé de production

•• Supports et autres additifs et ingrédients

•• Application de l’enzyme

•• Stabilité et devenir de la préparation enzymatique dans l’aliment

C) Exigences générales et spécifications

                1) Hygiène : bonnes pratiques de fabrication et d’utilisation

                2) Contaminants :

                               absence de contaminants microbiologiques,

                               absence du micro-organisme de production,               

                               absence d’activités antibiotique,

                               absence de métabolites secondaires toxiques,

                               absence de métaux lourds.               

D) Données sur la sécurité d’emploi : données toxicologiques nécessaires.

 

                Enzymes provenant de plantes ou animaux :

                Pas nécessairement requis si provenant de plantes ou animaux faisant normalement partie du régime alimentaire.

                Enzymes provenant de micro-organismes :

                               test de toxicité orale (13 semaines)

                               tests de génotoxicité, mutagenèse, clastogenèse

                               facteur de sécurité pour la consommation

 

 

 

RIZ DORE

OBJECTIF :

ENRICHIR LE RIZ EN BETA-CAROTENE

 

POURQUOI ?

LE BETA-CAROTENE EST LA PROVITAMINE A,

LA VITAMINE A EST, NOTAMMENT, INDISPENSABLE POUR LA VISION.

 

CHAQUE ANNEE :

ENVIRON 1 MILLION D’ENFANTS MEURENT D’UNE CARENCE EN VIT A

                230 MILLIONS SONT CARENCES

                500 000 DEVIENNENT AVEUGLES

                                                                                              (SOURCE UNICEF).

 

COMMENT ? :

LE GRAIN DE RIZ NE CONTIENT PAS DE CAROTENOIDES.

 

LE CHALLENGE A ETE D’APPORTER LA VOIE METABOLIQUE PERMETTANT AU RIZ DE SYNTHETISER LE BETA-CAROTENE.

 

4 GENES CODANT 4 ENZYMES SONT CONCERNES :

                PHYTOENE SYNTHASE

                PHYTOENE DESATURASE

                Z-CAROTENE DESATURASE

                LYCOPENE CYCLASE

 

ILS ONT ETE INSERES TOUS ENSEMBLE DANS LE RIZ.

EN 1999, 85% DES CAROTENOIDES DE LA MEILLEURE LIGNEE SONT DU BETA-CAROTENE.

 

CE RIZ TIENT COMPTE DES CRITIQUES FORMULEES PAR LES ANTI-OGM :

-          IL N’A PAS ETE DEVELOPPE PAR ET POUR L’INDUSTRIE

-          IL REPOND A UN URGENT BESOIN EN COMPLEMENTANT LES INTERVENTIONS TRADITIONNELLES

-          IL REPRESENTE UNE SOLUTION DURABLE, GRATUITE, NE DEMANDANT PAS D’AUTRES RESSOURCES

-          L’INDUSTRIE N’EN BENEFICIE PAS, CEUX QUI EN BENEFICIENT SONT LES PAUVRES ET LES DESAVANTAGES

-          IL EST DISTRIBUE GRATUITEMENT ET SANS RESTRICTION POUR L’AGRICULTURE DE SUBSISTANCE

-          IL NE CREE PAS DE NOUVELLES DEPENDANCES

-           IL PEUT ÊTRE CULTIVE SANS INTRANTS ADDITIONNELS, MÊME SI DES PROGRES SIGNIFICATIFS RESTENT A FAIRE POUR QUE LES VARIETES REALISEES APPORTENT UNE QUANTITE SUFFISANTE DE  VIT A. (il faut 300g de riz par jour actuellement)

-          IL NE CREE PAS D’AVANTAGES POUR LES RICHES AGRICULTEURS

-          IL PEUT ETRE RESEME CHAQUE ANNEE

-          IL NE REDUIT PAS LA BIODIVERSITE

-          IL N’AFFECTE PAS LA BIODIVERSITE NATURELLE

-          IL N’Y A PAS, JUSQU’À MAINTENANT, D’EFFETS NEGATIFS SUR L’ENVIRONNEMENT

-          IL N’Y A PAS, JUSQU‘A MAINTENANT, DE RISQUES POUR LA SANTE DU CONSOMMATEUR

-          IL N’AURAIT PAS ETE POSSIBLE DE FAIRE CE RIZ AVEC LES METHODES TRADITIONNELLES.

 

 

 

ACCIDENTS

DE LA SELECTION CONVENTIONNELLE

POMME DE TERRE :

                Lenape : trop d’alcaloïde toxique (= solanine)

                Autre variété : présence d’un nouvel alcaloïde absent chez les deux parents.

 

COURGETTES :

                Présence également d’alcaloïdes toxiques (cas d’intoxication sévère en Suisse (département Santé publique d’Argovie  a lancé une mise en garde le 17.07.03).

 

CELERI :

                a provoqué des éruptions cutanées chez des agriculteurs. Simultanément, ce céleri contenait 7 fois plus de carcinogènes (psoralènes) qu’une autre variété.

 

* Le châtaignier américain éliminé par un champignon : 9 millions d’arbres perdus.

 

* Le charme en europe a quasiment disparu.

 

* Pour réaliser un maïs mâle stérile, des croisements ont été fait avec la variété Texas (le cytoplasme apportant cette propriété). Mais ce faisant une sensibilité au champignon (Helminthosporium maïdis) a été également apportée. Résultats, 30% des cultures furent perdues avec cette variété.

 

PED ADOPTANT LES BIOTECHNOLOGIES

Chine, Inde, Corée, Mexique, Thailande, Malaisie, Indonésie.

Dans ces pays, les BT reflètent une industrie robuste et en croissance rapide pour le développement économique.

 

La Chine a plus de 18 plantes transgéniques en essais aux champs, la principale production industrielle est le coton Bt.

Le budget qu’elle consacre en 2002 aux biotechnologies est supérieur à celui correspondant des USA.

 
En Afrique du Sud, le coton transgénique est largement cultivé par les agriculteurs des régions du Makhatini de Kwazulu-Natal.

Plusieurs rapports indiquent que le maïs GM a augmenté le revenu des agriculteurs par une réduction des pertes.

 

 

 

Données chinoises

At present, China has approved 25 transgenic crop test and safety evaluation standards, and is about to formulate 15 more.

Also in the offing are 42 transgenic crop test institutions.

The acreage planted to transgenic crops in China has increased sharply since 1998 to reach nearly 3 million hectares by the end of 2003.

Most countries and areas in the world now plant transgenic crops, of which the United States, Argentina, Canada, Brazil and China rank forefront.

According to Luo Yunbo, president of the Food College of the Chinese University of Agricultural Sciences, the main transgenic crops in China are cotton, sweet pepper, tomato and animal microorganism. At present, about 90 percent of the cotton crop is from transgenic plants.

The transgenic crop planting areas mainly locate in East China’s Anhui Province, Beijing, North China’s Hebei Province, central China’s Henan Province, southeast China’s Fujian Province and East China’s Jiangsu Province.

Recently, China has formulated 25 transgenic crop test standards and safety evaluation standards, and 15 more are being formulated. China will also build 42 transgenic crop test institutions. The National Agricultural Transgenic Plants Safety Office was established in 2001, responsible for transgenic food safety.

Actuellement, la Chine a approuvé 25 PGM évaluées au champs et pour leur sécurité et en examine 15 autres.

 

42 institutions seront en charge de l’évaluation des PGM.

 

La surface en PGM a atteint presque 3 millions d’hectares en 2003.

La Chine est le 5ième pays au monde pour l’importance des PGM.

Les principales PGM cultivées sont le cotonnier, le poivron doux, la tomate.

 

Actuellement, environ 90% des cotonniers sont GM.

Les principales surfaces sont localisées dans l’Est de la Chine (Province d’Anhui), Beijing, le Nord de la Chine (Province Hebei), le Centre (Province Henan), le Sud-Est (Province Fujian) et l’Est (Province Jiangsu).

Récemment, la Chine a édité 25 tests standard d’évaluation des PGM au champ ainsi que des tests de sûreté et 15 autres sont en cours de formulation.

 

La sécurité des PGM est assurée par « The National Agricultural Transgenic Plants Safety Office » créé en 2001 et est responsable de la sécurité des aliments.

 

 

Discussion sur quelques points :

1)       Discussion sur Lyssenko – Mitchourine : retrouver l’article d’Aragon (cf ci-après, je dispose d’un très vieil  exemplaire de la Revue Europe de 1949, consacré entièrement au dossier Lyssenko ; pas question de m’en défaire, j’ai scanné et comme on dit « OCRisé » le pesant argumentaire de notre Aragon national, le voici ci-après. Du coup ça m’a demandé pas mal de travail, mais ça m’a obligé à le relire. Rétrospectivement, ça fait quand même assez froid dans le dos, malgré le talent littéraire de l’auteur).

2)       Discussion sur agriculture biologique : d’après M. Jourdier, pas d’étude montrant les effets néfastes sur le consommateur (à l’exclusion des agriculteurs eux-mêmes) : réactions dans la salle…D’où : intérêt d’un débat sur agriculture biologique, dans ses différentes dimensions (écologique, économique, gustative, nutritionnelle, pédologique).

3)       Sur l’intérêt des OGM : exemple du cotonnier qui reçoit 27 traitements pesticides différents. Chinois cultivant des cotonniers sur de toutes petites surfaces, se passant désormais de traitements (10 000 morts / an en Chine par les pesticides).

4)       Concernant le risque de « contamination interne » parce qu’on absorbe des OGM : rappel que l’animal ingérant un OGM n’a aucune chance de s’en trouver lui-même modifié. Rappel : manger beaucoup de patates ne conduit pas à devenir soi-même patate.

5)       En Agriculture biologique, on utilise le BT (bacillus thurigensis) qui dissémine une trentaine de toxines non connues.

 

 

Article de Louis ARAGON paru dans la revue « Europe » n° 33-3, au 4e trimestre 1949

 

 

DE LA LIBRE DISCUSSION

DES IDÉES

De l'été 1948, que retiendra-t-on? Que, météorologiquement, il fut un « drôle d'été », sans doute... mais aussi à d'autres points de vue. Quoi, il y avait la guerre à Jérusalem, ou la trêve. On se battait en Malaisie et en Indochine. Berlin sur le qui-vive, bloqué à l'Ouest, et ravitaillé par les avions mobilisés de trois puissances, dont les représentants négociaient à Moscou... A Belgrade, se tenait la conférence du Danube, dans les conditions bizarres qu'amenait la rupture des partis communistes d'Europe avec la clique de Tito... En Grèce, l'armée de Markos livrait des combats héroïques et disproportionnés.

Mais, au milieu de tout cela, où cependant ne manquaient pas les situations nouvelles pour l'histoire, il se produisit un fait qui ajoute beaucoup à l'étrangeté de cet été-là.

A Moscou, tandis que la presse du monde entier retentissait des guerres existantes et de la grande menace de la guerre atomique, que ceux qui détiennent la bombe de ce nom, ne font pas mystère de préparer contre l'Union Soviétique, le principal journal de ce grand pays, la Pravda, tiré à des millions d'exemplaires pour des centaines de millions d'hommes et de femmes, du 4 au 12 août 1948, a consacré à la Session Pansoviétique de l'Académie d'Agronomie, qui venait de s'ouvrir le 31 juillet, dix-huit pages sur les quarante-quatre dont le journal a disposé ces jours-là. Aucun fait par suite, ni Berlin, ni la conférence de Belgrade, ni les incidents antisoviétiques de Washington, n'a eu et ne pouvait avoir dans la presse soviétique une place comparable à celle qui a été accordée à la discussion sur l'état de la Science biologique, ouverte par le rapport de T.D. Lyssenko, entre les représentants de la génétique classique et ceux de la tendance mitchourinienne. L'ensemble représente plus de cinq cents pages de livre.

Jamais, dans aucun pays, à aucun moment de l'histoire humaine, une discussion scientifique n'aura bénéficié d'une telle publicité, n'aura pu être suivie ainsi par des millions d'hommes et de femmes. Une telle pratique, chez nous, est impensable. Aucun journal ne s'y frotterait. Il n'aurait pas de lecteurs, je veux dire : il ne saurait trouver, pour justifier cette publication et son tirage, la clientèle correspondante, qui n'existe pas dans notre pays. Quelle que soit la teneur de la discussion, sa publication dans de telles conditions implique la reconnaissance d'un fait : la création, en U.R.S.S., d'une « intelligentsia » de type nouveau, formée de millions de lecteurs susceptibles de s'intéresser à une discussion sur la biologie entre savants, et capables de la suivre.

De plus, la participation à cette discussion de centaines de savants et de praticiens, liant l'Académie d'Agronomie à la masse des kolkhoziens et sovkhoziens (il y avait à la veille de la guerre plus de 200 000 kolkhoz, ou fermes collectives, seulement) l'ampleur de cette discussion et la quantité des faits biologiques nouveaux apportés à son appui, donnent à la session de cette Académie un caractère surprenant et nouveau, qui complète la publicité faite par la presse, pour la première fois, le travail d'un peuple entier est associé à la recherche scientifique et dans ce travail, naissent en quantité les savants d'un type nouveau, conformes à la conception marxiste : des savants qui mènent de pair l'explication du monde et sa transformation, en réalisant l'unité de la théorie et de la pratique.

 

*

*             *

 

Je ne suis pas un homme de sciences, et, partant, à m'immiscer dans les débats des biologistes, je ne ferais guère que m'attirer des observations auxquelles je ne pourrais répondre. Mais enfin, à me supposer incapable de juger du fond de l'affaire, sur les quelques données que j'ai, il n'en demeure pas moins que ces débats s'éclairent à des lumières diverses, dépassent la biologie et se déroulent dans des conditions où l'on peut, sans être généticien, trouver matière à rêverie.

Je le disais : à cette session, la tendance classique en génétique, représentée par les professeurs S. Alikhanian, D. Zavadovsky, V.S. Nemtchinov, I. Chmalgaousen, A. Jebrak, P. Joukovsky, etc., s'est heurtée à la tendance mitchourinienne, que le Président de l'Académie d'Agronomie, T.D. Lyssenko, représente. Quel était grossièrement le fond des débats ?

La génétique classique, généralement rattachée aux travaux de Mendel, Weismann et Morgan, est basée sur l'existence dans les êtres vivants, végétaux et animaux, de deux matières différentes, irréductibles l'une à l'autre : l'une, qui constitue le corps vivant, appelée plasma végétatif ou soma, périssable, n'ayant pas la propriété de se reproduire, dont les modifications sont sans effet sur l'hérédité ; l'autre, plasma germinal ou germen, qui se trouve dans les chromosomes des noyaux, est la seule origine de la progéniture de l'être considéré, a seul la propriété de transmettre la vie et les caractères héréditaires de l'espèce considérée. La matière héréditaire est formée des gènes (particules des chromosomes), elle est immuable, éternelle, et les caractères qu'elle transmet sont indépendants au milieu où vit l'être considéré, et ne sauraient donc refléter les modifications de ce milieu. Tout au plus certains agents violents ou matières mutagènes (rayons Rœntgen, colchicine) peuvent libérer les gènes, et leur donner la possibilité d'évoluer plus vite, mais sans modifier pour autant les caractères immuables de l'hérédité. Les mutations, que l'on peut provoquer, sont cependant incontrôlables, et d'un sens indépendant de l'expérimentateur.

Par contre, les mitchouriniens prétendent que la matière héréditaire est un mythe, sans pour cela nier l'existence ni le rôle des chromosomes. Mais ils affirment que toute la matière de l'être vivant, y compris ce que les généticiens appelaient soma ou corps périssable, est susceptible de donner naissance à d'autres organismes ; que les caractères héréditaires sont modifiables sous l'influence des modifications du milieu, et cela dès la première génération ; que les caractères acquis par des individus sont transmissibles et fixables, pour la création de nouvelles espèces, pour peu que les descendants de ces individus vivent dans les conditions qui ont déterminé les modifications considérées, modifications qui sont essentiellement des modifications de l'échange de matières entre l'être considéré et son milieu. Il en résulte qu'on peut produire de telles modifications en faisant varier le milieu, les fixer. dans l'espèce, créer à volonté des espèces nouvelles ; c'est-à-dire diriger l'hérédité, dans le sens, par exemple, favorable à des conditions données de culture, favorable à l'humanité.

Sans prendre parti entre ces deux tendances, il est permis à un philistin de constater que la première décrète l'impuissance de l'homme à modifier le cours des espèces, à diriger la nature vivante, que la seconde prétend fonder le pouvoir de l'homme à modifier le cours des espèces, à diriger l'hérédité.

Il est permis de se dire qu'un homme qui ne se réclame pas du matérialisme dialectique, du marxisme, sera moins gêné s'il choisit la première théorie, qu'un marxiste qui, en toute occasion, pas seulement en biologie, considère nécessairement que son rôle n'est pas de se borner à expliquer le monde, mais qu'il est aussi de le transformer. Un non-marxiste peut certainement mieux s'accommoder de la première théorie qu'un marxiste. Ou pour mieux me faire comprendre, si on pose d'abord le postulat du marxisme, avant d'aborder la biologie, le biologiste marxiste aura assurément un préjugé favorable envers la théorie mitchourinienne, qui fonde la possibilité de l'action humaine sur la nature vivante.

Personnellement, je ne suis pas un biologiste. Ma confiance dans le marxisme me fait naturellement souhaiter que les mitchourinions aient raison dans cette bagarre. Ce n'est pas un argument pour les non-marxistes. Et il est de fait qu'il y a des hommes qui se considèrent comme marxistes et qui estiment pourtant que c'est la génétique classique qui a raison contre Mitchourijne et Lyssenko. Si je ne vois pas comment ils s'arrangent avec leur marxisme, la faute en incombe sûrement à ma déficience dans ce domaine, que je ne nie pas, et en général à mon ignorance de la science biologique. Mais cependant, à s'en remettre au gros bon sens, il me semble qu'ils doivent avoir des difficultés à surmonter, que n'ont pas les mitchouriniens.

On me dira que l'essentiel est ailleurs, que l'essentiel est de savoir si les faits qui étayent la conception généticienne classique existent et sont suffisants, et si, oui ou non, les faits avancés par les mitchouriniens rendent périmés les faits avancés par la génétique classique; si les faits avancés par les mitchouriniens existent et sont prouvés, et s'ils étayent véritablement une théorie inconciliable avec la théorie classique.

Sans doute, et cela n'est pas mon domaine, et je pense qu'il y aurait outrecuidance à se substituer à ceux qui ont soulevé la discussion pour la soutenir. En publiant ici, grâce à l'hospitalité de Jean Cassou, les pièces principales du procès, je m'en suis évité la peine. Mais avant même que cette publication ait été faite, la discussion de Moscou a donné lieu à des réactions et à des écrits, sur lesquels, ayant pour ma part lu l'ensemble du' matériel de cette discussion, il me semble que j'ai le droit à certaines remarques, sans aucune prétention scientifique.

Il faut dire que, dans l'été 1948, des intellectuels venus de tous les pays s'étaient réunis à Wroclaw, en Pologne, qui fut Breslau en Allemagne, dans l'intention de rechercher comment ils pouvaient, en tant que défenseurs de la culture, veilleurs d'un même trésor, travailler au maintien d'une paix assez apparemment compromise. Il va de soi qu'une semblable entreprise est très exactement ce dont, quatre années durant, les journaux de Vichy daubèrent : car, en ce temps-là, c'était un postulat fort ancré dans la presse, que rien n'était plus ridicule que cette façon des intellectuels de se mêler de la paix ou de la guerre. Je ne doutais point, bien que la référence à Vichy ne pût paraître à Carrefour ou au Figaro, par exemple, que ce postulat ne fût encore susceptible d'être repris, commenté, pour la grande jubilation de ceux qui n'ont plus à lire Candide, Gringoire ou Je suis partout. Je ne doutais point que, quel que fût d'ailleurs le déroulement des assises de Wroclaw, elles ne trouveraient pas la courtoisie que l'on avait jadis pour les graves discussions de Pontigny, auxquelles s'intéressaient bien des amis de M. Abetz, ou de nos jours les rencontres entre gens bien, d'où l'on exclut soigneusement les intellectuels de mauvais « orient ».

Pourtant, je n'attendais pas une certaine façon de les commenter qui fut celle de la B.B.C. Au cours d'une émission en langue française, le commentateur, après avoir souligné que le congrès de Wroclaw en particulier avait inscrit à son programme la libre discussion des idées, cessa de parler de ce Congrès, pour donner la discussion qui avait eu lieu au début d'août à l'Académie d'Agronomie de Moscou comme l'exemple du peu de liberté qu'on pouvait attendre de la part de l'un des pays dont les intellectuels se trouvaient à Wroclaw. C'est là un type de raisonnement assez évidemment vicieux. Car, bien sûr, à supposer (ce qui reste à démontrer) que la discussion biologique en U.R.S.S. soit l'exemple même de l'absence de liberté dans la discussion des idées, pourquoi la choisir, plutôt que, mettons, les démarches de la commission des activités non-américaines de MM. Thomas et Rankin qui, de l'aveu récent de M. le président Truman, fait régner une telle atmosphère de suspicion aux États-Unis que 40 % des savants refusent de poursuivre leurs recherches scientifiques dans le domaine atomique? Et n'est-ce pas, si cet argument était avancé, le commentateur de la B.B.C. serait fondé à dire qu'il n'y a pas de relation logique entre un tel fait et la nature de toute conversation où un citoyen des États-Unis prend la parole, par exemple le congrès de Wroclaw...

Mais l'intéressant de l'affaire était justement que la discussion sur la biologie en U.R.S.S. fût prise comme l'exemple de la non-discussion des idées. Oubliant Wroclaw, le commentateur radiophonique donnait libre cours à l'indignation qu'a provoquée sur lui cette discussion (ou non-discussion) dont, vraisemblablement, il n'avait connaissance que de fort léger ouï-dire. L'essentiel de son propos était que Lyssenko se trouvait d'accord avec son gouvernement (ce qui, on le sait, est considéré comme épouvantable en Angleterre et aux États-Unis, pays qui brillent par l'indépendance généralisée de leurs intellectuels), qu'en U.R.S.S. seules peuvent se faire entendre les tendances gouvernementales, et que ceci se passant dans le domaine scientifique, c'était à proprement parler un retour au moyen âge, où le prof. Orbelli (ni le prof. Chmalgaousen, ni le prof. Jebrak, ni le prof. Joukovsky, ni le prof. Zavadovsky, non : le prof. Orbelli, choisi par la B.B.C.) faisait figure de nouveau Galilée. Il y a tout lieu de penser que le nom même du prof. Orbelli devait être tout nouveau dans cette bouche sonore et indignée. Mais nous nous souvenons qu'il y a deux ans, il a suffi, non seulement à la B.B.C., mais à toute la presse de quarante pays que deux écrivains soviétiques, dont presque personne ne savait orthographier les noms dans ces organes spécialisés dans la seule agitation antisoviétique, fussent blâmés par Jdanov, pour qu'on nous parlât à leur sujet d'André Chénier, et qu'ils devinssent les auteurs préférés d'un nombre incroyable de gens qui ignoraient leurs ouvrages. Enfin, donc, voilà notre Orbelli promu Galilée. J'eusse préféré Chmalgaousen... mais passe pour Orbelli.

Cette invention de la B.B.C. devait faire école. Le Populaire du 5 septembre la rééditait sous la plume de M. Charles Dumas, en se bornant toutefois au moyen âge. Car chacun sait qu'au moyen âge les discussions scientifiques étaient faussées par la participation du peuple à ces discussions. Et le 10 septembre, dans Combat, M. Maurice Daumas reprenait l'argument Galilée, dans l'un des articles que ce journal a consacré à la discussion de Moscou, -sur lesquels je reviendrai, et qui furent écrits sur la seule lecture d'un article de Jean Champenois paru dans Les Lettres Françaises.

Je voudrais m'attarder un peu sur l'argument Galilée, Galilée, je veux dire le Galilée symbolique dont il est question, est pris à témoin pour avoir dit que la terre tournait. En 1633, c'est-à-dire fort longtemps après la fin du moyen âge, il fut condamné, après un procès de vingt jours mené par l'Inquisition, à se ranger aux côtés des « savants » de son temps qui soutenaient, avec l'Église, que la terre ne tournait pas. Les savants de notre temps, justement, sont dans l'ensemble partisans de la théorie de Mendel-Weismann-Morgan que rejette Lyssenko. Ils ont avec eux de grands pouvoirs sociaux qui valent bien le pouvoir de l'Église au XVIIe siècle, puisque sans attendre les données scientifiques de la discussion, la B.B.C. de Londres et de grands journaux parisiens, dont l'un est l'organe de la social-démocratie française, ont aussitôt passé condamnation sur les idées de Lyssenko. Il est vrai que, par contre, Lyssenko se trouve approuvé par Staline, qui est un philosophe matérialiste, comme on peut s'en rendre compte par la lecture de ses oeuvres, et un très grand nombre d'hommes et de femmes témoins de ses expériences, collaborateurs de leur application pratique, et garants de leur utilité pour le peuple soviétique.

Supposons que Galilée soit né dans l'U.R.S.S. de nos jours. et que la théorie de la rotation terrestre soit une découverte moderne. Il suffirait qu'un matérialiste comme Staline se déclarât d'accord avec Galilée pour que la B.B.C., le Populaire, Combat et tutti quanti, considèrent que Galilée n'est pas Galilée, mais appellent Galilée le premier Orbelli venu, pensant comme ses collègues du monde entier que la terre ne tourne pas.

Ne vous fâchez pas! Ce n'est pas moi qui ai imaginé d'avancer ici l'exemple de Galilée. Je veux simplement m'en servir pour montrer que pour quelqu'un qui n'a rien à voir avec la science, le seul fait de l'approbation du parti bolchevik, de Staline et des kolkhoziens ne saurait suffire à permettre l'assimilation de Lyssenko au tribunal de l'Inquisition qui a jugé Galilée. Ce tribunal ne se présentait pas devant Galilée avec des découvertes et des travaux scientifiques, appliqués à l'échelle d'un grand pays, et démontrant que la terre ne tournait pas. Au contraire, Lyssenko, devant ses confrères de l'Académie d'Agronomie de l'U.R.S.S., arrivait avec une théorie nouvelle, contredisant celle qu'admettent non seulement les savants des autres pays, mais celle qui est seule enseignée dans les Écoles Supérieures, et les manuels de génétique étudiés en U.R.S.S. Et il se présentait devant eux, appuyant ses dires sur vingt années de travaux et d'expériences, qui ont de fond en comble transformé l'agriculture sur un sixième du globe.

Je veux bien que Galilée, dans ces conditions, serve métaphoriquement à faire comprendre ce qui s'est passé à la Session de l'Académie d'Agronomie de l'U.R.S.S., mais alors la logique exige que ce soit Lyssenko qui soit considéré comme Galilée et que le parti bolchevik, Staline et les kolkhoziens (qui se réclament d'une conception matérialiste de la nature et jugent, soit dit en passant, d'une théorie par sa concordance avec le matérialisme) soient reconnus une bonne fois pour toutes comme ne pouvant être assimilés à la Sainte Inquisition que par un simple abus de langage. Vous n'y tenez pas? Alors, renoncez à l'argument Galilée.

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Dans un article de l'Humanité, le 10 septembre, Georges Cogniot, qui se réfère non à un article de seconde main, mais au texte des débats publié dans la Pravda et le quotidien soviétique l'Agriculture socialiste, a répondu suffisamment à M. Charles Dumas pour que je n'y revienne pas, sur ce qui de nos jours constitue l'Inquisition dans la science. Cependant, une expression de son article a vivement incommodé un de mes camarades. Cogniot disait : la doctrine du moine autrichien Mendel... Remarquez que mon camarade ne s'inscrit pas en faux contre ce que dit Cogniot de cette doctrine, il *ne proteste que contre l'usage des mots : moine autrichien pour qualifier Mendel. Mendel, n'était-il pas un moine, en religion Grégor, prêtre depuis 1847, et en 1868 élu Supérieur de l'Ordre des Augustins à Brunn ? Parfaitement. Alors, cela signifie que Cogniot dit une chose vraie, mais qui parait cependant ici perfide, à mon camarade, parce que le fait de mentionner d'un botaniste, d'un biologiste, d'un savant, qu'il était moine, implique (de la part de Cogniot) la volonté d'insinuer que ses théories sont des théories de moine, et non de savant. C'est bien cela ?

Remarquez que si, au nom de Lyssenko, vous adjoigniez la qualification de ce qu'il est réellement, comme réellement Mendel était un moine autrichien, et vous disiez l'agronome ukrainien, ou le kolkhozien Lyssenko, les partisans de la théorie mitchourinienne de Lyssenko n'y verraient rien à redire. Si vous dites de Mendel qu'il était moine, les mendélistes se fâchent. Il faut en conclure qu'ils estiment qu'il y a entre l'état de moine et la théorie de Mendel une contradiction, qui a échappé aux successeurs de l'Inquisition, c'est un fait, mais non à leur sagacité. Ou encore que s'il y avait un lien entre cette théorie et l'état de moine, cela diminuerait la portée à leurs yeux de cette théorie.

Ce qui est certain, c'est que la théorie de Mendel n'a pas amené son auteur à quitter les ordres, qu'il l'a considérée comme compatible avec le dogme qu'il défendait conjointement. Et que par conséquent, lui, trouverait tout naturel que Georges Cogniot parle de la théorie du moine Mendel. Qu'enfin les défenseurs de Mendel biologistes en s'indignant qu'on dise le moine Mendel, avouent implicitement que la seule mention de l'état ecclésiastique de son auteur amène à la conclusion naturelle, logique, que c'est une théorie de moine. Je vous demande un peu, s'il en est ainsi, ce que signifierait la pudeur exigée par eux de Cogniot, en cachant d'une théorie de moine qu'elle est une théorie de moine? Cet argument n'est pas de mauvaise foi : pour ceux qui trouvent parfait qu'il y ait des moines, il ne saurait être péjoratif, et pour ceux qui trouvent l'état de moine incompatible avec la science, le fait de taire que Mendel était moine changerait-il quelque chose à la réalité?

Oui, Cogniot pense, et tout matérialiste pensera, que même si un botaniste, un biologiste étudie, découvre des faits scientifiques nouveaux, peu importe qu'il soit moine. Les faits demeurent les faits. Mais quand il les interprète, quand il constitue à partir d'eux une théorie générale, ce biologiste, ce savant, s'il est moine, nous avons quelque droit de penser que sa conception du monde en tant que moire jouera un certain rôle dans cette interprétation et la théorie qui en sert. Lyssenko ne rejette pas en bloc les faits que les mendélistes ont notés, il rejette la théorie mendéliste. Il la considère comme métaphysique. Il propose de ces faits, et des faits qu'ont ainsi accumulés les mitchouriniens, une interprétation qui mène à une théorie conforme à son état à lui, Lyssenko, qui n'est pas moine, mais agronome ukrainien, kolkhozien marxiste, membre du parti. bolchevik et n'a honte d'aucune de ces qualifications. Ni du lien qu'on peut établir entre le caractère scientifique de ses travaux et le caractère bolchevik, matérialiste, de sa théorie.

On voudra bien que Lyssenko demeure un communiste, et Mendel un moine. Et il sera permis de le dire.

 

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Donc, dans Combat, M. Maurice Laval avait ouvert le 8 septembre une enquête dans les milieux scientifiques français sur la querelle Mendel-Lyssenko, telle qu'elle apparaissait dans 'l'article de Jean Champenois publié par les Lettres Françaises. Cette enquête s'est traduite, après l'exposé de M. Maurice Laval, par quatre articles, un de Jean Rostand le 9 septembre, un de Charles Daumas le 10, un de Marcel Prenant le 14, et un du Dr Jacques Monod le 15, avec les conclusions du journal.

Bien sûr, la publication d'une semblable enquête peut se juger de deux points de vue très différents : celui des savants eux-mêmes, qui, dans l'absence de renseignements précis, sans connaissance des documents de la discussion, ne pouvaient qu'être prudents dans leurs appréciations, et le point de vue du journal, qui est dans son rôle en voulant le plus vite possible informer le public. Aussi faut-il tenir grand compte des réserves qu’on peut relever dans les quatre réponses publiées par Combat, et se garder peut-être d'imputer à leurs auteurs la responsabilité de la présentation de ces réponses, de leurs titres, dont même M. Maurice Laval sans doute ne saurait être tenu pour responsable : on sait comment se font les journaux, et il est vain d'ailleurs de se lamenter à ce sujet, l'information a ses lois et ses perspectives ; les journaux sont des sortes d'éphémères qui, de la rotative au panier à papiers, utilisent au mieux leurs ailes pour briller le temps d'une brève existence. Cependant, Combat n'a pas inventé pour en faire un titre, que Jean Rost.tnd ait dit : On ne renverse pas une théorie scientifique comme on renverse un ministère.

Et le Dr Jacques Monod, corrélativement : La victoire de Lyssenko n'a aucun caractère scientifique.

Jean Rostand, qui est un collaborateur et un ami d'Europe, a, je le répète, n'ayant encore à sa disposition d'autre base de jugement qu'un article de vulgarisation, parlé avec réserve des données nouvelles produites par Lyssenko, ainsi que des « remarquables réalisations de la science soviétique ». Cependant, il avance plusieurs axiomes qui me semblent, peut-être ai-je tort, des précautions étrangères à l'esprit scientifique.

Notons que Jean Rostand déclare redouter que la polémique sur l'hérédité perde son caractère scientifique et ne dégénère en pugilat idéologique : « Ne tombons pas, dit-il, dans le ridicule de « politiser» les chromosomes et de croire que le mendélisme est réactionnaire parce qu'il a été fondé par un prêtre... »

Je ne reviens pas sur le dernier point, qui ne me semble pas si absolument dépourvu d'intérêt que le dit Jean Rostand, mais admettons. Constatons que Jean Rostand craint la politisation dans le sens anticlérical ; comme c'est un esprit pondéré, je suis sûr qu'il n'aime pas davantage la politisation dans le sens antisoviétique. C'est pourtant à quoi nous assistons, et dans la polémique de Combat (voir en particulier l'article de Maurice Daumas, déjà cité) et au Populaire et à la B.B.C. Jean Rostand, qui demande un débat serein, prépare-t-il vraiment avec une impartialité scientifique le terrain de ce débat, quand il écrit (et Combat emploie pour le souligner des caractères gras) : Nous aussi nous avons eu nos-Lyssenkos, ce sur quoi il ajoute honnêtement : « et qui n'avaient pas l'excuse d'avoir fait progresser l'agriculture en leur pays ! »

L'excuse, il faut le dire, est ravissant. Mais j'ajouterai qu'un Lyssenko qui n'a pas fait progresser l'agriculture en son pays, ne peut valablement pas plus s'appeler Lyssenko, qu'Orbelli ne peut s'appeler un Galilée. Un Lyssenko, si tant est qu'on veuille installer ce concept, c'est un homme qui a fait progresser l'agriculture de son pays. Donc, ceux que Jean Rostand appelle nos Lyssenkos, se caractérisent par le fait qu'ils ne sont pas des Lyssenkos. Jean Rostand veut-il dire que nous avons eu en France des biologistes qui niaient le mendélisme? Tout dépend de quel point de vue. Si par exemple il s'agissait de spiritualistes qui considéraient la « matière héréditaire » du mendelisme comme une intolérable dérision de l'âme, c'est une chose. S'il s'agissait de matérialistes opposés à la réintroduction du spiritualisme par le chemin de ce dualisme de la matière, c'en est une autre. Mais c'est évidemment en mauvaise part que Jean Rostand affirme que nous avons eu nos Lyssenkos ; il est évident aussi qu'une pareille affirmation, sans avoir eu en main les textes, les faits, les conclusions de Lyssenko, ne prépare pas le terrain d'un débat serein, mais tend à créer un préjugé défavorable à Lyssenko ; c'est-à-dire à enlever au débat son caractère scientifique.

Que, chez nous, la génétique n'ait que très récemment reçu ce que Jean Rostand appelle l'investiture officielle, la chaire de génétique en Sorbonne créée en 1945 et la société de génétique il y a moins de deux ans, ces faits militent encore pour interdire l'emploi de l'expression nos Lyssenkos comme dans le contexte de Jean Rostand. Car un Lyssenko, c'est en U.R.S.S. un homme qui, depuis vingt ans, travaille suivant une conception antimendéliste, alors que la conception mendéliste est la conception officielle, prônée par les Académies et les Instituts, enseignée dans de très nombreuses chaires de génétique et même des chaires appelées « chaires de darwinisme », dans toutes les Écoles Supérieures, et seule exposée dans les manuels scolaires du pays. Un Lyssenko, c'est donc un savant qui se trouve dans une position bien différente de celle des prétendus « Lyssenkos » de Jean Rostand.

Rappelons-nous toujours que Jean Rostand ne connaît pas le rapport de T.D. Lyssenko à l'Académie d'Agronomie de l'U.R. S.S., ni le contenu de la discussion qui l'a suivi. Cependant il n'hésite pas à affirmer que : « Lyssenko est un savant très estimable, à qui l'on doit d'importantes recherches, principalement dans le domaine de la physiologie végétale appliquée à « l'agriculture. Mais il nous parait assez vraisemblable d’admettre que des causes d'erreurs se sont glissées dans les « expériences qu'il invoque pour combattre la génétique... et « la théorie chromosomique de l'hérédité. »

Il est toujours vraisemblable que des causes d'erreur aient pu s'introduire dans des expériences. Mais cela est sans intérêt. Il s'agit de savoir, non si c'est vraisemblable, mais si c'est vrai. Affirmer la vraisemblance en l'absence de toute donnée, c'est certainement chercher à créer (comme tout à l'heure avec cet emploi rapidement généralisé du nom propre de Lyssenko) un préjugé défavorable vis-à-vis d'expériences, dont on souhaite de tout son cœur qu'elles ne soient pas concluantes. Humainement, cela se conçoit pour un généticien qui n'a vu, à la fin, créer une chaire de génétique à la Sorbonne qu'en 1945 ; mais, pour un philistin comme moi, cela paraît très exactement antiscientifique.

« Lorsqu'un chercheur, dit encore Jean Rostand, s'oppose « par ses résultats à des centaines d'autres chercheurs (parmi « lesquels se trouvent les meilleurs savants du monde, et plusieurs prix Nobel) on n'est pas en droit, sans doute, d'affirmer qu'il s'est trompé, mais on est tenu de penser que l'erreur « est au moins probable. » (L'italique est de Combat.)

N'est-ce pas là ce qu'on appelle l'argument d'autorité? Combien de chercheurs, en 1633, étaient arrivés au résultat de penser que la terre tournait? Etait-on pour cela tenu de penser que l'erreur de Galilée était Au MOINS probable? Cet au moins-là est encore apparemment une petite cheville verbale qui prépare le préjugé défavorable, déjà décrit. Ici, Jean Rostand, dont pour m'expliquer qu'il recoure à de telles méthodes, je n'ai pas la ressource de me dire que c'est un moine - ici, Jean Rostand fait appel, avec précautions oratoires, à la preuve du consentement universel. Cette « preuve », pour un philistin comme moi, n'a pas un caractère essentiellement scientifique. Elle est plutôt de caractère théologique.

Là-dessus, Jean Rostand, à qui n'échappe pas qu'en disant que « l'erreur est au moins probable », il laisse encore à Lyssenko la chance à courir de l'improbable vérité, tient à ajouter : «Même si les faits annoncés par Lyssenko sont exacts en tant que faits, il se pourrait qu'ils n'eussent pas la signification qu'il leur attribue... » Et en effet, cela se pourrait... Mais quelle curieuse prudence anime ici quelqu'un qui ignore ces faits, qui vient de prendre l'avantage d'en affirmer le caractère au moins probablement erroné, et qui maintenant, nous concédant qu'ils pourraient être au plus exacts, déclare qu'alors il se pourrait que Lyssenko, ne se trompant point sur des faits qui contredisent la théorie mendélienne, se trompe dans la théorie qu'il en donne, puisque cette théorie contredit la théorie mendélienne ! Il ajoute encore : « Pour telle ou telle de ses expériences (que Jean Rostand ignore. - A.), on imaginerait (appréciez le conditionnel! - A.) « volontiers une interprétation différente de la sienne et qui restât conforme aux enseignements de la génétique classique... »

Je le répète, je ne suis qu'un philistin. Mais j'imagine difficilement un plus bel exemple de scolastique, au sens courant, vulgaire de ce mot. Jean Rostand ne sait pas de quels faits il s'agit, ne sait par conséquent pas de quelle nature sont les liens de ces faits à l'interprétation qu'en donne Lyssenko, mais pour tous les cas il nous assure qu'il est capable de leur trouver une explication génétique classique. Cela est indépendant des faits, indépendant de la liaison de ces faits avec l'interprétation qu'en donne Lyssenko. Il s'agit donc bien d'une interprétation scolastique, et la génétique classique, immuable comme la «matière héréditaire», et comme elle non soumise au milieu extérieur, c'est-à-dire indépendante des faits, est une mécanique à tout interpréter, c'est-à-dire une scolastique. Mais Jean Rostand ne s'arrête pas en si beau chemin.

« Enfin - et surtout - déclare-t-il, même si les quelques faits annoncés par Lyssenko sont exacts, et si l'interprétation qu'il en donne est valable, cela n'implique nullement, - comme il a été dit par certains - que la génétique soit mise en échec, la théorie chromosomique renversée, etc. »

Ici, Jean Rostand a été un peu trop loin. Car si les faits annoncés par Lyssenko sont exacts, si l'explication qu'il en donne est valable, il nous faut accepter cette explication : cette explication étant précisément la négation, non pas de l'existence des chromosomes, mais de l'explication mendélienne de ces chromosomes, de la théorie connue sous le nom de génétique classique, je ne vois pas comment on peut considérer la négation d'une théorie comme valable et dire, dans une fraîche respiration, que cette théorie n'est pas en échec.

Il est vrai que Jean Rostand m'épouvante aussitôt, en me disant que pour émettre de pareilles affirmations, «il faut n'avoir « aucune idée de ce qu'est la biologie actuelle et de tout ce qu'elle doit à la génétique mendélienne». Argument d'autorité. «...Celle-ci qui se fonde sur des faits innombrables et irréprochablement démontrés est d'un- solidité inébranlable : elle n'est pas à la « merci de quelques faits aberrants. » Je vous le dis, Jean Rostand nous peint la génétique classique avec les caractères d'immuabilité, de solidité, d'inébranlabilité, qui sont ceux de la « matière héréditaire ». Mais comment peut-on nous dire : 1° j'admets que Lyssenko ait démontré que la théorie de Mendel est fausse ; 2° et dans ces conditions, cela n'y change rien parce qu'elle est inébranlable? N'oublions pas que Jean Rostand, écrivant ainsi, ignore la nature et le nombre des faits invoqués-par Lyssenko, mais quels que soient ces faits qualitativement et numériquement, il n'hésite pas à affirmer qu'il ne s'agit que de quelques faits aberrants.

ll ne m'appartient pas de trancher si les faits qui, du consentement même de Jean Rostand, ont fait progresser l'agriculture sur un sixième du globe, sont ou ne sont pas des faits aberrants. Ni même d'apprécier l'importance comparée des faits innombrables qui ont fait en 1945 ouvrir à la Sorbonne une chaire de génétique par rapport aux faits qui ont permis la culture du blé en Sibérie, au-delà du cercle polaire, l'adaptation aux conditions de toute l'U.R.S.S. de la flore subtropicale, sauvé par une méthode nouvelle d'ensemencement de la pomme de terre la population du sud de la Russie de la famine en pleine invasion allemande, développé des espèces féériquement lainières de moutons, créé le blé à épis multiples, des espèces innombrables d'hybrides fruitiers, nourri l'Armée Rouge pendant la guerre sur des récoltes de millet de caractère miraculeux, donné à l'U.R.S.S. par l'élévation de la production du kok-saghiz son indépendance en ce qui concerne le caoutchouc, formé des vaches nouvelles donnant du lait en quantités jamais rêvées, etc.

Non, je l'avoue, je ne puis décider, de mon propre chef, que ce sont là quelques faits aberrants. Mais même si ce sont là quelques faits aberrants, l'esprit de décision dont a fait preuve Jean Rostand, SANS LES CONNAITRE, en les définissant ainsi, en leur attribuant a priori le caractère de faits aberrants, ne peut aucunement passer pour scientifique.

Et je suis d'accord avec Jean Rostand : on ne renverse pas, dit-il, une théorie scientifique comme on renverse un ministère. Il a mille fois raison. C'est pourquoi la série de ses arguments scolastiques, antiscientifiques, ne saurait en aucune façon renverser la théorie mitchourinienne de Lyssenko, et la renverser a priori. Seuls des arguments scientifiques pourraient y parvenir. Quels arguments scientifiques peut-on opposer à des faits qu'on ne connaît pas? Jean Rostand ne peut y opposer que sa foi inébran­lable en la génétique classique, qu'il déclare inébranlable. La foi est une chose qui peut inspirer le respect, mais non pas apporter l'évidence scientifique. C'est un argument peut-être valable pour le moine Mendel, mais non pour le biologiste Mendel, si on peut les séparer l'un de l'autre.

Mais, à propos, que Jean Rostand se rassure : de tels arguments ne peuvent ni renverser une théorie scientifique, ni renverser un ministère. Les gens qui renversent un ministère connaissent généralement les ministres à renverser, leur programme et leurs actions.

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Qu'on ne renverse pas une théorie scientifique comme un ministère, cela est vrai. Les tenants du mendélisme en France pensent apparemment que, s'ils montrent que c'est ce qui a pourtant été fait en U.R.S.S. contre leur théorie, ils prouveront du coup qu'elle n'est pas renversée. C'est-à-dire qu'ils pensent qu'on ne sait pas en U.R.S.S. qu'une théorie scientifique ne se renverse pas comme un ministère, et qu'on a cru en renverser une ainsi.

Maurice Daumas déclare donc que : « Les biologistes russes qui tenaient encore pour valables les découvertes de Mendel et de Vries, les travaux de Morgan et de ses continuateurs,  ont été réduits au silence après un débat qui s'est ouvert  devant l'Académie des Sciences agricoles de Moscou, débat  au cours duquel ils n'eurent vraisemblablement pas le droit de parler. »

Maurice Daumas, comme Jean Rostand, ne connaît qu'un article de vulgarisation sur la question, et il est d'ailleurs pour.cet article d'une extrême sévérité. Cela ne l'empêche pas, comme Jean Rostand, de raisonner, de conclure. Mais comme il désire évidemment que la théorie de Mendel ne soit pas « renversée », il introduit, comme Jean Rostand, le mot vraisemblablement dans l'exposé de faits qu'il ne connaît pas plus qu'il ne connaît les faits scientifiques apportés au débat de Moscou. Il déclare que les tenants du mendélisme n'ont vraisemblablement pas eu le droit de parler à ce débat. Ainsi est créée, pour le lecteur, le préjugé défavorable à l'égard des méthodes académiques en U.R.S.S. Décidément la vraisemblance fait partie de la rhétorique mendélienne.

Maurice Daumas s'indigne de lire dans l'article de Jean Champenois qu' « un choix définitif, irrévocable entre deux conceptions radicalement contraires a été fait à Moscou ». Il déclare que « la science n'a pas l'habitude de se laisser enfermer dans ces dilemmes ». Cependant la science a dû un beau jour choisir entre la doctrine de l'évolution et une doctrine radicalement contraire. Et Maurice Daumas sait bien, qui nous le rappelle à des fins polémiques, qu'un beau jour le système de Copernic a triomphé, radicalement triomphé du %système de Ptolémée. La science, pour autant qu'il me semble à moi qui ne suis pas en la matière juge et partie, n'a pas l'habitude de se laisser enfermer dans un système une fois pour toutes inventé par des savants, si grands soient-ils. Et c'est à l'occasion de la création d’un système nouveau, différent, au moins partiellement contradictoire, parfois radicalement, qu'elle se libère d’un système périmé, et progresse. Si c'est le cas dans le débat ouvert par Lyssenko, toutes les déclarations de principes sur les habitudes qu'a la science se retourneront contre ceux qui les font. Imaginez d'ailleurs que le choix ait été fait dans le sens inverse, c'est-à-dire en faveur du mendélisme contre Lyssenko, Maurice Daumas s'indignerait-il? Cela juge le caractère scientifique de son appréciation.

Il s'agit d'en arriver à assimiler les débats de Moscou au procès de Galilée, nous l'avons vu. C'est là pourquoi Maurice Daumas pose comme vraisemblable que les mendéIistcs n'aient pas eu le droit de parler dans ces débats. Or, la Pravda a publié les interventions des professeurs A. Jebrak, S. Alikbanian, J. P Iiakov, D. Kislovsky, V. S. Nemtchinov, P. M. Joukovsky, J. A. R.ipo­port, 1. Chmalgaousen, B. Zavadovsky; ces interventions ont eu lieu, non devant un tribunal, mais dans l'Académie dont ces professeurs font partie ; elles ont été publiées, non dans une chronique criminelle de journaux, mais dans le compte rendu officiel de la discussion, dans la Pravda, à des millions d'exemplaires. Elles ont été soutenues par les applaudissements d'une partie au moins des assistants et participants de la session. Chacune d'entre elles se termine par la mention : Applaudissements. Je n'étais pas là quand Galilée a été jugé en 1633, mais Maurice Daumas, qui semble bien connaître le procès Galilée, peut-il nous dire si ce procès s'est passé de la sorte, si Galilée y a parlé comme il a voulu, s'il a pu, comme l’ont fait les mendélistes à Moscou, attaquer personnellement ses adversaires, s'il a été applaudi, si l'Inquisition a donné à l'exposition de ses théories, côte à côte avec les siennes, non pas la publicité de la Pravda, mais une publicité quelconque?

Maurice Daumas peut, sans aucun doute, me rendre des points quand il s'agit du fond de la question, du mendélisme et du mitchourinisme. Mais il n'aurait jamais dû laisser à un indigne, comme moi, la possibilité de lui rappeler que si le vrai n'est pas toujours vraisemblable, le vraisemblable n'est pas toujours vrai. Et si pour lui « la grande tristesse de ce temps »  n'est ni que la guerre soit possible, ni Oradour, ni les expériences de la science nazie, ni Auschwitz, ni l'anéantissement massif des Juifs, les discriminations raciales en Amérique, etc., mais que soit possible une « entreprise » comme la discussion de l'Académie d'Agronomie à Moscou, portée à la connaissance de tout un peuple, suivie par lui et passionnant ce peuple, eh bien, il me permettra de lui dire que sa tristesse est peut-être vraie, mais qu'elle est parfaitement invraisemblable.

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L'enquête de Combat en était là quand Maurice Laval recueillit des propos de Marcel Prenant, de la modération et de la prudence scientifique desquels l'enquêteur le remercie, faisant observer qu'ils expriment « un point de vue sensiblement différent de ceux qui jusqu'alors (lui) avaient été fournis ». Et en effet.

 

Après avoir fait justice d'un certain nombre d'inexactitudes et d'imputations antisoviétiques, Marcel Prenant aborde le fond du débat. Il vaut mieux lui laisser la parole :

« 1° Lyssenko, contrairement à ce qu'on lui a fait dire, ne s'attaque pas à l'existence des chromosomes et des gènes comme support des caractères héréditaires, pas plus qu'à la correspondance entre les modifications de l'organisme entier et les modifications de gènes; il respecte donc le principe de base de la génétique classique.

20 Il combat avec vigueur les exagérations weismaniennes du mendélisme et du mutationnisme, qui voulaient considérer le « germen » ou ensemble de cellules génitales, comme indépendant du « soma », c'est-à-dire du reste mortel du corps. Ceci est utile, non seulement du point de vue scientifique, mais aussi du point de vue politique, car le weismanisme a pour corollaire immédiat une philosophie raciste. Mais c'est loin d'être neuf, et les généticiens de chez nous, qui se donnent la peine de réfléchir sur les résultats expérimentaux modernes, sont depuis longtemps d'accord avec ce point de vue.

30 Le point vraiment nouveau semble être le suivant. Alors que jusqu'ici les interventions expérimentales pratiquées par les généticiens (par irradiation par exemple), permettaient d'augmenter le pourcentage des mutations, mais non d'obtenir une transformation déterminée, Mitchourine et Lyssenko disent avoir obtenu, par des tours de main convenables, tels que changements brutaux de température, la fixation héréditaire, en certains cas, de caractère préalablement acquis sous l’influence du milieu, et par conséquent connus d'avance. Il n’y a, à cela, rien d'absurde, et toute l'œuvre pratique des deux grands agronomes porte à croire qu'ils ont raison sur ce point. Je ne suis d'ailleurs pas d'accord avec M. Jean Rostand lorsqu’il parle de « quelques faits aberrants » et je pense au contraire qu'une fois la question mieux éclaircie, on verra qu’il y a là une véritable révolution de la biologie, révolution qui n’est en rien un retour au lamarckisme, puisque celui-ci admettait que les caractères acquis étaient automatiquement hérités.

Qu’après cela les textes de Lyssenko soient souvent obscurs, qu’il fasse parfois appel, de façon qui heurte nos habitudes, à l'argument d'autorité, en citant Marx, Engels, Darwin, Timiriazeff, tout cela est possible, mais ne saurait prévaloir contre le fait qu'un peuple entier profite aujourd'hui de l'œuvre de Mitchourine et de Lyssenko. Quel est celui de nos véhéments critiques qui a obtenu des résultats comparables? »

Mais Combat ne pouvait rester sur une telle appréciation. Le lendemain, il trouvait en le Dr Jacques Monod, l'homme à côté de qui ne jureraient pas trop les conclusions désirables, qui sont notamment (Marcel Prenant ayant rappelé qu'aux États-Unis le darwinisme était interdit dans plusieurs États, ce qui lui paraissait autrement ressembler à un moyen âge qu'une discussion scientifique comme celle de Moscou, avec sa vaste audience) que :

« L'exclusive portée contre les savants mendéliens en U.R.S.S. et l'anathème lancé aux U.S.A. contre le darwinisme ressortissent à un état d'esprit qu'il faut bien condamner, quelque apparence qu'il puisse revêtir. »

Ce qui est de troisième force!

Ainsi, pour Combat, la condamnation théologique du darwinisme (reconnu comme l'expression d'une vérité scientifique) est exactement équivalente de la condamnation du point de vue matérialiste d'une théorie, que l'on vient de reconnaître comme antiscientifique. Le même « état d'esprit », pour Combat, est à la base de la condamnation du matérialisme et de sa défense. Que Lyssenko ait raison, ou ait tort, par conséquent, les choses pour Combat sont les mêmes. C'est son état d'esprit qui est jugé. On ne peut pas mieux dire que l'enquête de Combat n'a été ouverte que pour prononcer une condamnation décidée d'avance, dans un procès dont les pièces n'ont pas été produites. Et cette condamnation est prononcée sous l'égide des déclarations d'un chef de laboratoire à l'Institut Pasteur, le Dr Jacques Monod, qui estime que (dit le titre) : La victoire de Lyssenko n'a aucun caractère scientifique.

Au vrai, de l'analyse des articles de cette enquête et du caractère de sa conclusion, on peut bien dire que c'est la victoire que s'adjuge Combat sur Lyssenko qui n'a aucun caractère scientifique. Et pour s'en persuader un peu plus il n'est que de lire l'article du Dr Monod.

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 «L'important, le difficile dans cette affaire n'es' pas de décider si, du point de vue scientifique, Lyssenko a tort, ou s'il a raison. La cause est vite entendue. Mais... »

Ainsi commence l'article. Que ce ne soit pas difficile au Dr Jacques Monod, de décider si, du point de vue scientifique, Lyssenko a tort ou raison, on ne peut que l'en féliciter. Mais que ce ne soit pas l'important, cela lui est peut-être difficile à en trancher pour nous, je veux dire les ignorants. Car nous autres philistins, nous avons tendance à penser que si Lyssenko, du point de vue scientifique, a raison, tout ne se passe pas exactement comme s'il avait tort.

Le Dr Monod a bien aperçu le point faible de ses prédécesseurs, MM. Daumas et Rostand : il s'est documenté. Il a trouvé un texte paru en 1947 dans une revue anglaise qui l'a renseigné de façon définitive sur ce que Lyssenko a pu dire le 31 juillet 1948 devant l'Académie Agronomique de Moscou, laquelle aurait pu évidemment s'économiser le temps de sa session de cet été en lisant, comme notre docteur, un vieux numéro du Modern Quaterly.

Car, ce qui donne poids, argument et valeur de conclusion, à ce que va dire le Dr Monod, c'est que la source choisie soit, nous dit-il : une revue communiste anglaise, peu suspecte de malveillance à l'égard de l'U.R.S.S.

Aveu dont nous lui sommes reconnaissants. Du moment que ce sont des communistes qui le disent, le Dr Monod est convaincu. Mais, en fait, les communistes en question ne connaissaient pas plus que Jean Rostand ou Charles Daumas les faits invoqués un an plus tard par Lyssenko. Alors qu'ils disent : « La thèse de Lyssenko... est évidemment complètement absurde et rejoint la position fondamentaliste dans les querelles théologiques » ne nous prouve qu'une chose, c'est que, parmi les communistes anglais (à supposer que, ce que j'ignore, les signataires de l'article, R.G. Davies et J.L. Fyfe, soient des communistes), il y a des gens qui, persuadés de la justesse de la théorie mendélienne, sont adversaires de la position de Lyssenko. J'ai lu dans la Literatournaia Gazeta de Moscou, du ro décembre 1947, un article de B. Zavadovsky qui n'était pas tendre non plus pour Lyssenko, et proposait une « troisième ligne » entre Mendel et Mitchourine (ceci plairait sans doute à Combat). A l'Académie d'Agronomie, pendant la session d'août, de nombreux orateurs, membres du parti bolchevik, ont exprimé des opinions assez violentes, qui prouvent qu'il n'est pas besoin d'aller en Angleterre pour trouver des communistes en désaccord avec Lyssenko. Mais depuis quand le fait d'être communiste implique-t-il qu'on a forcément en biologie les opinions de Lyssenko, ou que, ne les ayant pas, on a forcément raison? En pêchant dans le Modern Quaterly les arguments qu'il aurait pu donner lui-même, le Dr Monod n'a pas fait d'un pas avancer son affaire. Je lui rappelle que toute la science officielle de l'U.R.S.S., les écoles, les manuels de l'U.R.S.S. jusqu'à aujourd'hui, ont pratiqué l'enseignement exclusif du mendélisme, ce qui serait un argument autrement fort que le caractère « communiste » d'une revue anglaise, si nous acceptions cette étrange idée, cette idée théologique, que, du moment que des communistes l'ont dit... il est vrai que : « Les conceptions par lesquelles il (Lyssenko) propose de remplacer la génétique, ne sont qu'un fouillis d'affirmations mutuellement contradictoires, quand elles ne sont pas totalement dépourvues de sens. »

En passant, notons que de telles affirmations, nullement étayées de preuves, dans Combat, manquent au moins de cette modération qu'approuvait Maurice Laval dans les propos de Marcel Prenant.

Il est vrai que le Dr Monod nous fait observer que ces jugements ont été formulés avant la prise de position du Comité Central (du parti bolchevik). Observation qui a pour but de nous faire entendre que Marcel Prenant ne s'est exprimé comme il l'a fait (c'est-à-dire avec la modération dont l'a félicité Combat) que par obéissance aux décisions du dit Comité Central. Ce qui juge mieux le Dr Monod que le grand savant qu'est Marcel Prenant.

Le Dr Monod reconnaît un certain nombre de faits : les généticiens russes, malgré les efforts de longue date de Lyssenko continuaient de travailler, de cultiver leur science (c'est-à-dire le mendélisme) et d'ignorer les théories de l'école mitchourinienne. Là devant, Lyssenko était sans force. Il a fallu l'aide du Comité Central et de Staline pour changer les positions.

 

Le Dr Monod le reconnaît, et personne d'ailleurs n'en doute. Personne ne le cache. Les gens qui pensent que Lyssenko a raison, et pour qui cela a de l'importance, considèrent même cela comme très bien de la part de Staline et du Comité Central.

Mais le Dr Monod s'interroge : « Par quels moyens, par quels « enchantements, Lyssenko a-t-il pu conquérir les plus hautes autorités du régime, les persuader d'assurer son triomphe, acculer ses adversaires à la démission ou à l'abjuration? On ne peut admettre que cela soit uniquement le résultat d'une intrigue policière ou d'un marchandage politique. D'ailleurs, « aucun des grands intérêts politiques du régime n'est en jeu dans cette affaire... »

Remarquez qu'il est facile de répondre à cette question, que c'est parce que Lyssenko a raison et qu'on s'en est rendu compte. Mais cela n'est pas facile au Dr Monod, puisqu'il a d'abord posé en principe que Lyssenko avait tort. Vous aurez aussi apprécié l'uniquement de la citation précédente... Il est entendu que la victoire de Lyssenko n'est pas, ne peut pas être scientifique, pourtant elle n'est ni policière, ni électorale... Mais suivons le docteur : « ...Non, la victoire de Lyssenko, si elle n'est pas scientifique, n'en est pas moins essentiellement idéologique, dogmatique... »

(Le distinguo est joli : la science n'a rien à faire avec l'idéologie dans ce vocabulaire curieux, mais pourtant il y a, même aux yeux du Dr Monod, quelque parenté entre une victoire scientifique et une victoire idéologique ; et ajoutons que si Lyssenko avait défendu le dogme de la « matière héréditaire » de Mendel, sa victoire n'eût pas paru dogmatique au Dr Monod.)

« ...Si les arbitres suprêmes, poursuit-il, ont donné raison à Lyssenko, c'est que, si incroyable que cela paraisse, ils ont « trouvé qu'il avait raison. C'est que ses arguments, qui pour « nous sont absurdes, étaient, pour eux, irréfutables... »

Tiens, pardi. Je ne sais si vous êtes comme moi, mais la stupeur du Dr Monod s'apercevant que si Staline et le Comité Cen­tral ont approuvé Lyssenko, c'est parce qu'ils ont pensé qu'il avait raison, et non par je ne sais quels enchantements ou par suite d'une intrigue policière ou d'un marchandage politique, cette stupeur me plonge dans une douce jubilation, imbécile ignorant que je. suis, et qui n'avais jamais imaginé autre chose!

La conclusion du Dr Monod, c'est qu'il s'agit là d'une « grotesque et lamentable affaire » qui prouve « la mortelle déchéance « dans laquelle est tombée en U.R.S.S. la pensée socialiste ».

Car, bien sûr, c'est la déchéance de la pensée socialiste quand les dirigeants d'un pays appuient les théories d'un homme duquel ils sont persuadés qu'il a raison et dont, horreur! les arguments sont pour eux irréfutables!

Mais enfin, tâchons de garder le sérieux même dont fait montre le Dr Monod dans sa sollicitude pour la pensée socialiste. Il faut retenir de ceci que la preuve tant de fois apportée, des trotskystes aux hitlériens, de cette définitive déchéance n'avait pas encore convaincu le Dr Monod. Cette fois-ci, le voilà persuadé. Et la preuve, la preuve en est la discussion,  « Sur l'état de la Science biologique » dont nous publions, dans ce numéro d'Europe, les extraits. Aussi devra-t-on considérer que c'est une occasion sans précédent de se faire une idée définitive sur l'U.R.S.S., son régime, l'idéologie communiste, les dirigeants du parti bolchevik, et en toute honnêteté les juger là-dessus.

Je propose au Dr Monod de le faire. En commençant par lire les pièces mêmes du débat, et non pas les revues anglaises. Non que j'aie grand espoir qu'il raisonne «scientifiquement» au sens vulgaire, philistin, du mot scientifique, c'est-à-dire sans idée préconçue, sans l'idée préconçue de l'absurdité d'une position étayée sur des faits qu'il ignore, sans l'idée préconçue du dogme mendélien, sans l'idée préconçue de la déchéance de la pensée socialiste en U.R.S.S.: il n'y a pas de miracle... mais simplement, parce que cette publication faite, j'imagine qu'il se trouvera dans l'entourage du Dr Monod, comme de Jean Rostand ou Maurice Daumas, des gens qui auront lu cela, et auxquels il faudra bien qu'ils répondent, pour ne pas passer pour des philistins comme votre serviteur.

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*             *

Il ne me reste guère qu'à revenir sur l'accusation de « politiser les chromosomes » qu'a formulée spirituellement Jean Rostand, mais qui est reprise ici et là contre Lyssenko. Dans l'ensemble, les gens reprochent à Lyssenko, et pourraient d'ailleurs le faire aux autres savants mitchouriniens s'ils les avaient lus, de généraliser leurs conclusions dans le domaine de la politique, et de condamner le mendélisme à cause des prolongements politiques, non biologiques qu'il semble avoir dans le racisme, le nazisme.

A tout prendre, il faut avouer que le goût des « espèces pures » poussé chez les mendélistes en U.R.S.S., jusqu'à faire arracher le seigle d'un champ parce qu'il était trop rapproché d'un champ d'une espèce différente, pour éviter une façon de métissage, et cela sans se préoccuper si le seigle arraché était d'une qualité utile, ressemble un peu à ce que nous avons connu dans un autre domaine. Le sacrifice d'espèces de moutons ou de chevaux, sous le prétexte que ce ne sont que des variétés d'espèces étrangères, métissées d'espèces locales, également. Il est certain que la conception malthusienne du principe de la population, et son extension au domaine biologique, entraîne à la justification pseudo-scientifique de la guerre, comme méthode de sélection naturelle (et que dans les travaux de Doubinine, mendélien soviétique, c'est ainsi qu'est appelée la destruction des mouches à vinaigre à Voronèje, du fait de l'invasion allemande). Il est certain que cette théorie étendue au domaine biologique définit une sorte d'espace vital, qui n'est pas sans rapport avec l'espace vital hitlérien. Il est certain que l'acceptation du principe de la « matière héréditaire », immuable, donnée une fois pour toutes, peut servir à légitimer l'existence d'une race des seigneurs, etc.

De tout cela, on peut accuser Malthus, Gobineau, Vacher de la Pouge, Goebbels, Rosemberg, mais pas Mitchourine ou Lyssenko.

La conception de Mitchourine et de Lyssenko affirmant l'influence du milieu sur l'hérédité des êtres vivants, la fixation des caractères acquis, la direction possible de l'hérédité et la formation de nouvelles espèces dans le sens utile à l'homme, est une conception qui ne permet aucune des métaphores précédentes dans le domaine de la sociologie. Elle fonde l'indépendance de la biologie par rapport à la sociologie, elle en finit avec des équivoques séculaires, marquées notamment par l'adjonction du malthusianisme par Darwin à sa doctrine scientifique, matérialiste, de l'évolution.

C'est un principe sur lequel, comme on le verra, Lyssenko revient sans cesse, avec acharnement : il ne saurait y avoir de rapport entre la sociologie et les lois de la biologie, les lois de la biologie n'ont rien à voir avec la sociologie. A la base de la théorie de Lyssenko, il y a en effet la négation du principe de Hobbes, homo homini lupus, qui, selon lui, n'a pas cours dans la biologie. En niant la lutte à l'intérieur des espèces, Lyssenko, définitivement, débarrasse la biologie des mauvaises herbes sociologiques, de la politique (au sens où ses critiques l'entendent).

Mais, bien sûr, il est bien obligé de constater qu'en face de la science mitchourinienne purement biologique, se dresse la conception mendéliste-morganiste de la biologie, toute mêlée des principes malthusiens, permettant les métaphores sociologiques, et se basant sur elles. Il accuse donc formellement ses critiques eux-mêmes de mêler la sociologie à la biologie, de politiser les chromosomes.

On verra, à la fin de l'intéressante interview tirée de la Literatournaia Gazeta du 18 octobre 1947, comment Lyssenko répond à une question posée : « La science biologique bourgeoise, par son essence même et parce qu'elle est bourgeoise, ne pouvait « et ne peut pas faire une découverte dont elle ne reconnaît « pas le principe de base... » et comme d'autre part un de ses adversaires mendéliste-morganiste d'U.R.S.S., le prof. Sokolov, ayant dénigré au cours d'une conférence, ses travaux, à lui, Lyssenko, Lyssenko explique ce fait : « Je n'ai pas pris part à cette conférence et je ne sais pas ce qui y a été dit ; mais je sais que la concurrence à l'intérieur des espèces est encore admise chez nous, par exemple par le prof. P. Joukovsky. Il est évident que le prof. Sokolov partage cette position. J'attribue cela aux vestiges de la bourgeoisie. II n'existe pas de concurrence à l'intérieur des espèces dans la nature, il n'y a pas besoin de l'imaginer dans la science. »

C'est-à-dire que c'est le caractère bourgeois (sociologique) de la science qui empêche en fait la création d'une biologie pure, scientifique, qui empêche les savants de la bourgeoisie de faire certaines découvertes dont ils ne peuvent, pour des raisons sociologiques, accepter le principe de base. En U.R.S.S., la lutte acharnée menée par les mendelistes « nationaux » contre les mitchouriniens, ne saurait être considérée par les mitchouriniens, par Lyssenko, comme une lutte biologique, scientifique, à l'intérieur de l'espèce des biologistes ; mais elle est naturellement regardée comme une lutte sociologique de la part des savants qui sont sous l'influence sociologique de la bourgeoisie (même par le seul intermédiaire de la science bourgeoise, mêlée de métaphores sociologiques), comme l'effet des vestiges de la bourgeoisie en U.R.S.S.

C'est pourquoi, aux yeux de Lyssenko, des mitchouriniens, des kolkhoziens et sovkhoziens de l'U.R.S.S., du Parti bolchevik, de son Comité central, et de Staline, la victoire de Lyssenko est effectivement, comme le reconnaît avec stupeur le Dr Jacques Monod, une victoire de la science, une victoire scientifique, le refus le plus éclatant de politiser les chromosomes.

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*             *

Dans une société où l'introduction d'éléments sociologiques, interdisant à des savants de reconnaître le principe de base d'une découverte, leur interdit aussi de faire cette découverte, peut-on parler de libre discussion des idées? C'est ainsi que tout ce qui précède nous amène à formuler la question et à répondre à l'imprudente démarche d'un commentateur de la B.B.C.; qui croyait ridiculiser les congressistes de Wroclaw en leur opposant la discussion de l'Académie soviétique d'Agronomie, comme exemple de non-discussion des idées.

Le tollé général soulevé par une discussion qui, basée sur les expériences innombrables de tout un peuple joint à ses savants, expériences au cours desquelles sont nées non seulement des espèces végétales et animales nouvelles, mais des savants d'un type nouveau, et une « intelligentsia D paysanne de millions d'hommes et de femmes qui constitue la base humaine d'une science nouvelle, le tollé général soulevé par cette discussion dans le monde scientifique bourgeois, s'explique, et s'explique seulement, par le caractère même de cette discussion et de ce qu'elle révèle, dont la science bourgeoise, parce qu'elle est bourgeoise, ne saurait accepter le principe de base. Cette discussion, et ce qu'elle révèle, met en question la science bourgeoise, jusque dans sa base même, jusque dans le type d'hommes mêmes qui sont, avec toutes les qualités et même le génie qu'ils peuvent avoir, les savants de la bourgeoisie, jusque dans la nature du recrutement de ces savants, jusque dans la façon dont leur science se développe, jusque dans leur mépris à priori des praticiens, jusque dans leur croyance au développement de la science sans liaison avec le peuple, jusque dans le dogme profondément ancré en eux du caractère individuel de la découverte. Et, ici, au nom de la libre discussion des idées, ce sont là les principes qu'on prétend empêcher de remettre en question, de discuter. Ce tollé général n'est pas que de caractère scientifique. Il est de caractère sociologique, politique. Il exprime, dans la mesure où il n'est pas scientifique, même chez des hommes sincèrement persuadés de ne pas être antisoviétiques, l'antisoviétisme de la société à laquelle ils appartiennent, dans laquelle ils ont été formés, et je comprends leur tragédie. Mais enfin, ce tollé général, c'est à proprement parler une barrière non scientifique à la discussion des idées dans le domaine de la biologie. Bas les mains devant Mendel, Weismann, Morgan et la génétique classique ! crient en même temps des propagandistes de la bourgeoisie, et des hommes de science à la sincérité desquels je crois pleinement. C'est alors qu'il m'est permis, qu'il est permis au premier venu de leur dire, avec tout le respect que nous devons aux seconds, et la brutalité que les premiers méritent, où donc est, je vous prie, la libre discussion des idées, dont vous menez si grand bruit, si elle doit cesser comme sur ordre devant les tabous de la « science » malthusienne-mendélienne? Et qu'est-ce qui vous autorise, du fait qu'en U.R.S.S. des hommes innombrables sont persuadés que la vérité était. autre que vous ne l'envisagiez, à en prendre acte pour y nier l'existence de la discussion des idées? Et comment osez-vous prétendre que si on avait continué à enseigner en U.R.S.S., officiellement, une théorie jusque-là officielle qui, par la pratique de vingt années et non un débat politique de quelques jours, avait été, aux yeux d'un peuple, battue en brèche, le principe de la libre discussion des idées aurait été sauf, tandis qu'il est anéanti par la reconnaissance d'une théorie opposée, qu'un peuple considère comme vérifiée dans la pratique de vingt années sur un sixième du globe?

J'avoue, n'ayant pu me rendre à Wroclaw, que tout au contraire de la B.B.C., c'est précisément d'avoir pris connaissance des matériaux exaltants de la discussion biologique en U.R.S.S., d'avoir entendu s'élever à ce sujet une tempête de calomnies, pour le moins hâtivement construites, qui m'en aura le mieux convaincu : oui, il y avait nécessité pour les intellectuels à rechercher en commun les moyens de défendre le principe de la libre discussion des idées, à confronter, comme à Wroclaw, leurs expériences, leurs connaissances, leurs bonnes volontés. La discussion « Sur l'état de la Science biologique », avec ce qu'elle peut apporter scientifiquement et humainement de nouveau, en U.R.S.S. et hors de l'U.R.S.S., si nous en laissions couvrir la voix par des clameurs qu'il est impossible de ne pas reconnaître intéressées, serait pour longtemps perdue scientifiquement et humainement pour la majorité de l'humanité. Apportez si vous le voulez, si vous le pouvez, des faits qui en démentent les conclusions, jamais aucun débat scientifique n'est fermé. Mais prenez d'abord connaissance des faits que vous niez par cœur, dans votre dogmatisme qui n'a rien de scientifique, et sous lequel ne se cache qu'une divinité que vous n'avouez pas, et qui s'appelle bourgeoisie.

Comment n'avez-vous pas honte, fort d'une vérité pour vous une fois pour toutes établie, de condamner, sans connaître les faits qui l'étayent, la vérité nouvelle que d'autres croient avoir établie à l'instant? Comment pouvez-vous placer la défense d'une théorie donnée, la génétique classique, plus haut que le principe fécond du doute et de la discussion, sans lequel il n'y a pas de science, plus haut que la science elle-même? Et est votre liberté, si la science n'est pas l'unité de la théorie et de la pratique?

 

Voilà donc un exemple qui répond à ceux-là qui se demandaient à quoi peut bien servir un congrès comme celui de Wroclaw, une organisation permanente comme celle qui doit sortir du Congrès de Wroclaw et en perpétuer l'esprit.

Oui, les congressistes de Wroclaw avaient inscrit à leur programme la libre discussion des idées. Et cela n'était qu'urgent à l'heure où Pablo Neruda est traqué dans son pays, où il y a la prison pour Howard Fast, où les savants américains désertent les laboratoires pour n'être pas suspectés de trahison, où, au pied du Parthénon, il y. a parmi les otages fusillés les héritiers d'Héraclite et de Praxitèle, et où l'homme qui a fait naître le « blé en branches» et créé les espèces céréales qui peuvent vivre dans les régions polaires est accusé pour cela même de « politiser les chromosomes !

 

ARAGON.

 

CERCLE  ZÉTÉTIQUE  DU  LANGUEDOC  ROUSSILLON

 

Réunion du 18/11/2006

 

 

 

En début de réunion, ceux qui ont participé à la réunion de la Timone à Marseille, en font un compte rendu rapide. Dans l'ensemble, ils ont trouvé la réunion très intéressante et dense, avec une ambiance jeune et dynamique. Bravo donc au groupe de Marseille. Cette réunion a permis de prendre des contacts, et en particulier, Mauvoisin serait d'accord pour venir à Montpellier discuter avec le CZLR, et faire une conférence grand public. Le sujet reste à préciser, mais le domaine serait les médecines parallèles. Cette visite pourrait avoir lieu vers le mois de juin 2007. M G se charge de voir auprès de la Maison pour tous Voltaire, dans quelles conditions elle pourrait nous accueillir pour cette manifestation.

 

La parole est donnée à J B pour un exposé sur l'Homéopathie.

 


Date de création : 17/03/2008 @ 13:34
Dernière modification : 10/11/2008 @ 11:43
Catégorie : Compte-rendus
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